Pas plus tard que vendredi (12 juin 2015), Facebook a décidé de suspendre la « Page » de la boutique en ligne travesti.fr : la boutique des travestis pour « non-respect des standards ». Après de nombreuses heures à vérifier chacune des publications et les commentaires associés, je peux pourtant affirmer que rien ni personne n’a enfreint le règlement que nous avions validé avec beaucoup de conviction. À moins que…

Se travestir, c’est sale

Je n’avais pas imaginé à quel point le terme « travesti » pouvait être chargé de représentations négatives. Pas chez tout le monde, heureusement, mais dans l’imaginaire collectif, il lui reste une image érotique et sulfureuse que l’on a bien du mal à décoller, comme le plus mauvais chewing-gum qui s’incruste sous vos semelles. Pourtant, que ce soit grâce à XXY.fr, son forum et, bien sûr, travesti.fr : la boutique des travestis, nous tentons de rendre aux travestis quelques titres de noblesse, trop souvent dépeints comme la plus basse crapule rampante de notre planète. Nous en sommes là : le terme « travesti » est littéralement employé comme injure, pour décrire une tenue de mauvais goût ou une apparence douteuse.

Seulement, les réseaux sociaux s’en mêlent. En 2013, j’ai souhaité ouvrir une chaîne sur Dailymotion : elle a été directement cataloguée dans la catégorie « adultes », si je puis dire, sans que je puisse faire appel. De son côté, YouTube a longtemps considéré de nombreuses vidéos de la chaîne XXY.fr – De l’art de se travestir comme « soumises à une limite d’âge » et il a fallu se battre pour qu’elles soient enfin acceptées comme « ouvertes au grand public ». Maintenant, au tour de Facebook de « dépublier » la page de travesti.fr : la boutique des travestis, sans qu’il soit possible d’obtenir gain de cause alors qu’aucun des contenus de la boutique n’est orienté vers un public adulte. C’est d’autant plus rageant que de nombreux sites proposent des catalogues entiers d’accessoires érotiques sans pour autant être menacés, préférant le terme « love store » à « sex shop », par exemple.

Sur la page, on trouvait des chaussures comme sur n’importe quel Zalando, Spartoo ou Modatoi ; des perruques que l’on trouve aussi chez un visagiste ou des robes en grande taille. Aucun produit, j’insiste, n’avait une portée sexuelle et c’est l’un de nos combats quotidiens : militer pour une « désérotisation » du travestissement. À côté de cela, combien de photos outrageusement charnelles ou de petits Jésus décalottés circulent sur le réseau ?

Erreur de robot, problème humain

Car derrière un tel bannissement se croisent deux facteurs : l’incompétence d’un robot PHP et la délation humaine. En effet, il est possible de « signaler » des contenus explicitement érotiques pour aider la modération. Seulement, comme au début des années 40, le système a des failles et les dérives sont vite arrivées : la page, de nombreuses fois signalées comme érotiques par une jeunesse puritaine a fini par disparaître, peu importe le montant dépensé par son auteur, pour promouvoir ses produits ou son activité. Et visiblement, peu importe les contenus.

Une jolie femme qui pose nue ou plus devant l’objectif a finalement et statistiquement moins de chance de voir son compte suspendu qu’un travesti ; au contraire, plus la masse de vêtements s’affine, plus les compteurs de « likes » s’affolent. Pour nous autres transgenres, c’est autre chose : nous sommes frontalement confrontés à l’incompréhension de toute sorte et il devient banal d’être insultés, dénoncés et, finalement, bannis de ce genre de réseau. Oh, je n’en rajoute pas. Pas plus tard qu’il y a cinq minutes, j’ai reçu ces gentils commentaires sur YouTube.

insultes_youtube

S’il est possible de modérer les commentaires, malgré un ras-le-bol qui se prononce relativement vite, on ne peut malheureusement pas nous défendre contre des signalements massifs, convertis par Facebook en un bannissement. Le problème est toujours le même : Google, Facebook, Twitter… Ces entreprises ultra-capitalistes ont des objectifs de rentabilité maximale et s’ils se gavent de l’argent des annonceurs (quand ce n’est pas du vôtre), ils limitent systématiquement les coûts d’un S.A.V. en programmant des robots qui traitent les demandes. Comment un robot peut-il juger de la « sexualité » générée par une page ? Difficilement, si ce n’est qu’en comparant les termes de la page à son lexique.

Banalisation de la transphobie

De mon côté, je ne peux qu’encourager à quitter de tels réseaux sociaux, de toute façon trop éloignés de l’image de travesti.fr : la boutique des travestis, derrière lequel se dessine un projet d’économie sociale et solidaire (nous en reparlerons en temps voulu). Reste qu’en temps qu’annonceur, un frottement de souris et un clic ont eu raison de plusieurs centaines d’€uros d’investissement qui, pour une entreprise aux marges aussi faibles et au public aussi restreint que travesti.fr, représente énormément. N’ayez crainte, la boutique a beaucoup de ressources et d’énergie pour rebondir, mais je ne vous cache pas que depuis vendredi, son absence sur les réseaux sociaux se fait ressentir.

Mais ce qui reste le plus dur, d’un point de vue purement personnel, est de se sentir affublé d’une belle étoile jaune en 2015, de ne pas être intégralement accepté comme un être humain « comme les autres ». Encore que la société progresse sur ces questions-là, mais peut-être pas les transgenres ou les travestis. Après cet incident, j’ai été surpris par les messages de soutien que j’ai reçus à ce sujet : des amis ou connaissances qui n’ont aucun atome crochu avec le transgendérisme ont été sincèrement désolés et ont fait preuve d’un soutien qui réchauffe le cœur. De la part de la communauté transgenre, conséquence de la fatalité ou peur de « se mouiller », je n’ai finalement et pratiquement pas reçu de soutien. Bien sûr, quelques messages m’ont remonté le moral et je remercie celles et ceux qui ont pris la peine de défendre la cause et de m’envoyer un mot gentil. Cela dit, dans l’ensemble, mes messageries sont restées désespérément vides tout comme mon téléphone est resté silencieux.

Ce n’est pas « personnel », je me fiche assez que l’on compatisse pour cette histoire qui ne vaut même pas la peine que l’on s’attarde dessus, mais cela montre assez franchement la complaisance dans laquelle notre communauté se trouve : peut-on accepter ce genre de discrimination ? L’acceptez-vous ? Moi, pas. Si vous ne trouvez pas assez de motivation pour que les choses changent, pensez à vos enfants, pensez à vos petits-enfants et demandez-vous comment nous pourrions leur offrir un monde meilleur. De mon côté, je ne cesserai aucune de mes activités, aussi décourageantes puissent être les attaques d’âmes en détresse, parce qu’au final, toute notre communauté a besoin « d’action » et non pas de lamentation.

Soyez vous-même et n’oubliez jamais de vous demander : « qu’ai-je fait pour le travestissement aujourd’hui » ? Il y a beaucoup à faire ; non, tout est à faire. N’attendons plus et aidons-nous les uns les autres.

42 commentaires

  1. C’ est vrai que j’ ai été surprise par le peu de réaction de la communauté. J’ ai supprimé immédiatement mes deux comptes Facebook par solidarité avec Julien et Olga. Ce qui est la moindre des choses. J’ espère que d’ autres personnes feront comme moi.

    • C’est vraiment gentil et touchant, Sophies ! Franchement, je ne peux pas envisager de m’y connecter alors, que vraisemblablement, pour leur robot, je ne suis pas la bienvenu en tant que « travesti ». Le robot a été programmé par des humains, que je sache…

  2. C’est une solution.

    Une autre (celle que j’ai adoptée, et d’autres m’ont suivi) est de partager massivement le lien vers le site sur Facebook pour continuer à le faire vivre et faire avancer les choses.
    Fuir les réseaux sociaux n’est (à mon avis) pas la solution. Il faut arriver à banaliser la chose, la faire accepter.

    • Se faire accepter et faire avancer les choses, vaste sujet …. Mais je pense que le problème de départ n’est pas dans notre visibilité, mais plutôt dans la représentation que notre communauté à d’elle-même. La basse de la basse serait de ne plus avoir honte, de s’accepter et d’être solidaire. C’est un cercle vicieux : comment demander aux autres de nous accepter quand nous-même nous n’y arrivons pas et rejetons nos semblables ? Il faut d’abord travailler dans ce sens et peut-être qu’ensuite on pourra voir plus loin.

      • Je ne vois pas trop le rapport. Julien critique le manque de réaction de la communauté. Mais, on ne s’aperçoit pas forcément du jour au lendemain de la disparition d’une page. Moi même je l’ai appris lorsque tu en as parlé sur Facebook. Alors jeter la pierre sur la communauté me semble un peu hasardeux.
        Oui, beaucoup ne s’acceptent pas. Mais de là à dire qu’il n’y a aucune solidarité entre nous me paraît assez osé, voir faux.
        Je reviens donc sur la suppression de la page par Facebook. Dès que j’ai appris la nouvelle j’ai partagé un lien vers le site pour lui redonner de la visibilité sur Facebook. Beaucoup de mes contacts ont fait pareil par solidarité. Et on recommencera toutes les semaines. Ils me suivent.
        Donc, non, ne baissez pas les bras. Ne dites pas que la communauté est gangrénée et égoïste. Il y a de très belles personnes (dont vous faites partie) qui ont un idéal, un objectif. Appuyez vous sur les personnes de bonne volonté au lieu de focaliser sur les autres.

        Courage.

        • Oui, j’ai bien vu que beaucoup de personnes avaient partagé le texte. Je ne doute pas que vous le faites avec beaucoup de conviction et je m’en réjouis. Merci pour tout !
          Or, j’ai essayé de partager ce texte avec des pages d’associations transgenre et je n’ai eu malheureusement aucun retour. Est-ce que cela n’est pas assez important ? Est-ce de la fatalité ? Ou que sais-je encore ? Je n’en sais rien et c’est plutôt décevant.
          En tout cas, rien n’est terminé. 😉

          • J’espère bien que rien n’est terminé…. 😉
            Je n’ai pas de contact avec les associations transgenre. Je ne souhaite pas rentrer dans un quelconque débat et ne veux surtout pas faire de généralités, mais on sait que les rapports ne sont pas toujours au beau fixe entre les travestis et les transgenres. Les finalités ne sont pas les mêmes, les mentalités, etc… Bref, on arrive à ma remarque précédente : il faut savoir trouver ses appuis. Certains sont plus fiables que d’autres.
            En tout cas, la communauté des travestis au moins est avec vous et on vous soutient sans condition.
            Bisous !

    • C’est vraiment gentil venant de ta part. Rien ne t’y oblige, tu le sais 😉 ! De mon côté, je ne fuis pas les réseaux sociaux, uniquement ceux que je trouve « injustes » et c’est beaucoup d’entre eux. Encore une fois, ça ne colle pas avec le projet social qui s’inscrit derrière. Et puis, cette histoire m’a fait prendre conscience d’un truc : on n’a pas besoin de réseaux sociaux pour rester en contact. Après tout, il y a déjà beaucoup à faire autour de soi et à l’échelle locale, comme monter un club ou une assoc’, et ça, je l’avais presque oublié…

  3. Quand on voit certaines Page sur Facebook où des photos de travestis et de transgenres sont fort nombreuses avec des noms de Page totalement explicites, on ne comprend ce qui arrive à la tienne

  4. Bonjour, je ne suis pas un travestie mais une femme transsexuelle en début de transition.Je viens régulièrement sur votre site qui propose de bon articles. Je viens de découvrir ce texte et je suis de tous cœur avec vous, j’espère que vous continuerez à produire du contenu. J’ai partagée sur facebook. Bon courage.

    • Hello ! Merci pour les encouragements. Bien sûr, ça n’affecte en rien la volonté de connecter les gens entre eux ou de rendre plus accessible le travestissement. D’ailleurs, c’est vraiment la boutique qui s’est faite striker, non pas la page du blog. Mais dans la foulée, j’ai tout supprimé.

  5. En fait, je ne sais pas trop quoi penser de tout cela.

    Boycotter Facebook ? Malheureusement, j’ai peur que cela soit useless. Et beaucoup de personnes auraient réellement du mal à le faire, car c’est devenu pour eux un nouveau moyen de communication, au même titre que le téléphone.
    Le boycott, cela se traduit par un acte qui ne dure pas dans le temps. Qui saura dans 1 an que xxy et certains de ses membres ne sont plus que Facebook à cause de cette histoire ? Probablement qu’une poignée de personnes.

    Je soutiens énormément Emma dans sa démarche de vouloir refaire vivre le lien, en martelant semaine par semaine le partage du lien.

    Je me dis qu’il vaut mieux jouer avec les règles de facebook (en essayant de supprimer le bannissement par exemple) plutôt que s’avouer vaincu par le système.

    Après, je ne connais pas facebook, mais peut être que si l’on s’est fait une fois débannir, on se retrouve sur une whitelist. A voir.

    Malheureusement, il faut aussi regarder la réalité en face. C’est chronophage.
    Le système nous semble d’ailleurs indiquer que supprimer un lien prend quelques secondes à quelques personnes, alors que le fait réapparaître va prendre énormément de temps à une seule personne (Julien en l’occurrence).
    Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? C’est plus au spécialiste du marketing de le dire, car quitte à passer du temps sur du marketing, il y a potentiellement des techniques plus optimales.

    • Au final, ce n’est même pas une histoire de marketing, c’est une histoire humaine. Le mot travesti dérange ? Et bien je ne m’intéresse plus à ce site. On n’a pas besoin d’un tel site. On vivait bien sans, on vivra bien sans. Malheureusement, tout le monde n’accepte pas le travestissement. Je réagis dans ce cas de la même manière qu’IRL : ciao, bye bye. Je ne vais pas me battre et insister pour expliquer à un bot que. Bref.

  6. Et bien il faut faire comme le credit lyonnais et france télécom, puisque le mot travesti a un image négative dans cette société il faut… changer de nom…après tout moi non plus j’aime pas ce mot. le larousse dit que le verbe travestir signifie : « Fausser quelque chose en lui donnant un caractère qu’il n’a pas ». moi je ne fausse rien du tout en étant moi-même…Bon blague à part (?) est-ce qu’il peut réellement exister une communauté travesti(e)? tant que la plupart d’entre nous auront même peur d’en parler à leur femme ou à leurs enfants ou à leurs proches (moi incluse)….ce sera difficile…XXY est la pointe de l’iceberg, mais la majorité est dessous, dans la penderie et silencieuse, (oui en dessous de la pointe de l’iceberg il y a une penderie géante). Bien , après ces remarques sans intérêt, je suis aussi scandalisé de d’apprendre ça,sans en être surprise, je ne fais rien pour le travestissement, (pour l’instant), mais garde confiance et courage!
    amicalement

    • Jamais de la vie. Ce n’est pas « que » le nom de la boutique, c’est un terme fondamental qui désigne une communauté d’êtres humains. Qu’on l’aime ou pas (à cause de l’image que les gens en ont), il existe. Je suis travesti. J’en suis fier. Pour rien au monde, je ne changerai le nom de travesti.fr, la boutique des travestis. Je ne rougis jamais, quand j’explique mon travail aux autres.

      Maintenant, je ne suis pas responsable de ce que les gens comprennent lorsque l’on dit « travesti ». Abandonner ce mot, cette identité parce que la majorité a des pré-conçus, non. Ce serait admettre que c’est un « gros mot ». Je préfère me battre pour que les générations futures n’aient plus à rougir lorsque l’on prononce ces huit lettres.

      Quant à la définition de ton Larousse, regarde bien, ça ne doit pas être la seule. Comme pour le verbe « voler », il n’est pas toujours positif, selon la définition à laquelle on s’arrête.

      Merci pour le soutien 😉

  7. Crois bien que je comprends ta réaction, mais tu défends un mot qui nous est imposé, pas que nous avons choisi. tu n’es pas responsable de ce que les gens comprennent lorsque l’on dit « travesti », mais tu le subis. tu dis que tu es fier du mot « travesti », mais non, tu es fier de ce que tu es, de ce que nous sommes. Abandonner le mot ce serait admettre une réalité, mais pas pour autant admettre que nous sommes que les gens se l’imaginent. Se battre pour le mot en vaut-il la peine? est-ce le vrai combat à mener? si nous nous appelions muxe (un exemple parmi d’autres) comme au mexique, est-ce que nous serions moins et est-ce que cela ne permettrait pas d’ouvrir la compréhension de la société sur ce que nous sommes? est-ce que si ta boutique s’appelait la bouTique, ou la boutique Muxe, ou la boutique 3G tu aurai perdu un combat si cela te permettait sans renoncer à ce que nous sommes d’être mieux référencé? il ne s’agit pas de se cacher, non, mais d’avoir un nom qui nous sortes du ghetto. Si les crapules du crédit lyonnais ou les serials killer de france telecom on réussit à changer leur image, pourquoi pas nous qui sommes innocents comme l’agneau qui vient de naitre…
    ps : je me rends compte que mes commentaires pourraient donner l’impression que en réalité si tu as un problème….c’est de ta faute, tu avais qu’à prendre un autre nom…merci pour le soutien…mais non ce n’est pas du tout ce que je pense. il n’y a aucune raison pour qu’un site consacré à l’égalité des sexes et la boutique qui va avec soit d’une façon ou d’une autre censuré….seulement il l’est…bref un abrazo fuerte

    • Indeciz, il y a une différence entre « les crapules du Crédit Lyonnais » ou « les serial killers de France Télécom » et le cas ici présent : je suis travesti (et il me semble avoir le droit de le revendiquer), je propose des produits pour les travestis, mes client(e)s sont satisfait(e)s.Je n’ai pas à rougir de mes activités du passé et à changer de nom pour changer l’image de ma boutique, comme les deux cas que tu cites. C’est Facebook qui a du mal à comprendre ce que veut réellement dire ce mot.

      Je vais te dire : toutes les personnes à qui je parle de ce projet ne l’interprètent jamais mal. Un robot modérateur, c’est une autre affaire.

      Pour rappel, seul travesti.fr est censuré. C’est de mon plein chef que j’ai décidé de supprimer de FB XXY.fr, qui ne contenait pas le mot tabou dans son titre (même si les deux X peuvent porter à confusion, n’est-ce pas). Mais pour nous, c’est terminé, on n’a plus aucune raison d’aller sur ce site. Je ne suis pas pote avec Mark, après tout.

  8. Hello,
    personnellement j’ai publié le lien vers cet article sur mon…Facebook. Je ne peux pas le fermer, qu’il me serve au moins à faire savoir.
    Bon courage à très bientôt,
    Naomi

  9. Injuste et pathétique.
    Cela me conforte dans mon idée de ne pas avoir de compte chez eux.
    Mon réseau social à moi c’est ma famille, mes potes et le forum XXY.

  10. Je ne sais pas quoi penser de cela aussi :/

    La communauté transgenre de manière général est vu de manière comique ou dans des termes moins glorieux. Et pourtant, c’est le même genre de communauté qu’on peut voir partout ailleurs quelque soit la sexualité et le genre. Pour ma part, je suis preneuse de l’idée d’Emma : Partager massivement le lien vers le site sur Facebook pour continuer à le faire vivre et faire avancer les choses 🙂

    La meilleur solution est la banalisation à mes yeux. Je n’accepte pas la transphobie de notre société mais il faut pourtant faire changer les choses en combattant avec les armes de la société 🙂

    Même en présentant une communauté totalement pur de « vices » ou d’autres choses du même genre, les gens ne comprendront rien tant que cela ne sera pas banal à leurs yeux :p

    Voilà comment je vois les choses ^^

    • Merci pour le partage ! Après, disons que je me demande si c’est le meilleur moyen. Après tout, FB propose un contenu très formaté pour les contenus que l’on y publie, un discours censuré et j’en passe. Pas forcément l’idéal de liberté que beaucoup d’entre nous recherchent… Le meilleur moyen de s’exprimer, c’est aussi de créer ses propres outils de communication, je crois. Enfin, à nous de jouer !

  11. Salut Julien.
    Je suis vraiment désolé pour Olga et toi.

    C’est vraiment dégueulasse mais il ne faut pas se leurrer Facebook est avant tout un site commercial.
    Le but est de vendre vos infos personnelles aux entreprises. Les travestis, transgenres, drag queens ne les intéressent pas puisque la plupart ont des comptes « fictifs ».
    J’ai lu dans les commentaires quelqu’un qui proposait de partager le lien. Il s’agit d’une bonne idée puisque le seul levier de la « communauté » (Je n’aime pas trop ce terme même si je comprends son utilité. Puisse un jour on n’ai plus besoin de communautés et qu’on soit capable d’accepter
    l’autre mais bon ce n’est pas de sitôt.)
    serait de porter atteinte à l’image de Facebook.

    Après comme tu le dis, tu as été victime de débiles qui ont signaler la page. Pourquoi ta page et non une des milliers de pages avec des travestis et des contenus pour le coup vraiment inappropriés ? Justement parce que tu essayes de montrer que les travestis ne sont pas des « vilains pervers » mais des messieurs ou madames tout le monde. Je pense que c’est cela qu’ils ne supportent pas. Tu les déranges car tu remets en cause toute leur petite vision du monde étriquée. J’espère que tu prendras cela comme une motivation supplémentaire.

    Bon courage.
    Karine.

    • Hello et merci pour le commentaire. Oui, effectivement, c’est comme ça qu’on le prend : une motivation supplémentaire, pour prouver que l’on n’a pas besoin d’un site comme FB pour survivre, qu’il existe d’autres réseaux et d’autres moyens de communication.

      Comme tu le dis, si c’est gratuit, c’est que la marchandise, « c’est nous ». Difficile de vendre un fichier client où les nom et prénom sont factices. Mon frère en a fait les frais il y a quelques jours : obligé de mettre ses vrais infos pour être débloqué.

  12. J’ai partagé le lien sur Facebook et j’ai mis ce commentaire
    ++Je partage l’indignation de Julien, elle est justifiée. J’aime bien la démarche et les objectifs de ses sites tendant à présenter une meilleure image des travestis et à sortir des clichés négatifs.++

  13. Que dire de mon annonce sur un journal
    Alors que je cherche une compagne de vie .. mon annpnce precisais juste que j etais transgenre par honnetete me suis fais suprimer cette annonce et j ai ete prieee de placer mon annonce dans la rubrique erotique …. une insulte a ma personne … une seul solution l action collective pour discrimination …devans les tribunaux mais helas aucune aide quand j ai lancer mon sos …. me suis donc tournee ver asso de conso … idem …. a quoi bon nous sommes des parias fo se faire une raison …..

    • Je connais ce problème et la seule chose a faire est de ne pas en parler dans l’annonce. Certains sites d’annonce généralistes peuvent accepter la mention transgenre, mais ça dépend vraiment des modérateurs ou modératrices: il peut trés bien arriver que ce soit accepté d’abord puis refusé plus tard!
      Quand on cherche une relation sérieuse et durable il n’est pas possible de passer par les sites orientés trav ou trans: les hommes qui fréquentent ces sites n’ont qu’une seule idée en tête (enfin si on peut dire tête…) c’est une relation sans lendemain, le plus souvent sans surtout se faire remarquer en compagnie d’unE trav ou trans.

  14. Je partage et soutiens entièrement l indignation et le désarroi de Julien.
    j’ai posté un long commentaire sur la page d Ester Paris sur le travestissement Art à. Part entière
    Personnellement je conserve mon compte Facebook car j’estime qu’il ne faut pas abandonner les positions au cours de la bataille. !
    Courage nous arriverons ensemble à vaincre tous les obscurantismes ambiants et le politiquement correct!

    • Merci pour ton soutien, Didier ! Oui, je comprends qu’il ne faille pas abandonner les positions… Et j’espère que le travestissement sera toujours positivement représenté sur FB. De mon côté, j’ai toujours du mal à être utilisateur d’un média dont je ne partage pas les valeurs, donc assez lâchement, je préfère laisser tomber, j’avoue.

      • Julien
        Je ne veux pas paraître pour un bien pensant comme les censeurs de FB ! Chacun agit selon sa sensibilité. Je continuerai personnellement à rappeler sur FB et ailleurs, le travestissement est un Art majeur notamment dans le noble théâtre japonais No. Je n’ai pas de référence et il serait intéressant si certains membres connaissent les sites japonais et de savoir le traitement de FB à leur égard

  15. Je partage entièrement le propos de Julien et comprend son désarroi et incompréhension.
    j’ai découvert celui-ci par le lien sur la page Facebook de Ester Paris.
    J’ai mis un long commentaire sur sa page au sujet du travestissement.
    Je pense qu’il ne faut surtout pas abandonner le combat et rester sur Facebook pour pouvoir apporter le démenti et arguments lorsque l’ obscurantisme ambiant ou le politiquement correct tentent de laver le cerveau de nos contemporains
    De petites lueurs viennent de briller récemment dans les ténèbres de la pensée unique : Kathleen faisant la une de Vanity Fair et la généralisation du mariage pour tous aux États-Unis
    Alors tout en étant vigilants gardons l’ espoir

    • Cette histoire m’a fait réfléchir à une chose : a-t-on réellement envie d’une visibilité sur FB ? De mon côté, j’ai tendance à penser que notre présence sur les réseaux sociaux, c’est bien ; IRL dans la rue avec des gens autour qui s’en fichent, c’est mieux. Il est là, le véritable combat. Cela ne vaut pas la peine de se battre pour une entreprise américaine qui a depuis longtemps perdu ses valeurs.

  16. « Cela ne vaut pas la peine de se battre pour une entreprise américaine qui a depuis longtemps perdu ses valeurs » , qui n’en a jamais eu Julien, Facebook est né d’un vol d’idée déjà au départ :p Soyons pragmatique, les systèmes de réseaux sociaux sont des plaques tournantes, qui aurait pu imaginer la disparition de la C. B., de MSN… Facebook n’est qu’un système éphémère, d’autant plus face à notre communauté. Ce sur quoi il faut jouer, et je rejoins Julien sur un point, c’est sur les systèmes directs humains et non cachés par des écrans. Sortir, et ouvrir les yeux aux gens, et nous faire découvrir intelligemment aux nouvelles générations ( je parle de parler aux enfants, en école, famille, reportages télévisuels dédiés…). De mon côté je vais continuer à soutenir en cherchant à communiquer dans ce sens et à ce public, et faire un petit don pour soutenir le site car ça fait du bien à tout le monde 🙂 des bisous !!

    • Au final, c’est bien le cœur du problème : pour réunir des transgenres IRL, on a besoin de réseaux. Un site comme XXY ne suffit en réalité largement pas, il faut une présence forte et un site où entre autres humains, il y a des travestis, c’est quelque part la clé. Mais bon, des fois on a quand même l’impression de subir l’inquisition… 😛

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