Existe-t-il un sexisme latent dans la communauté des travestis ?

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Le titre de l’article est volontairement provocateur, alors même qu’une légion de travesties célèbres ont justement franchi la barrière des genres pour réparer, du mieux qu’elles le pouvaient, un sexisme séculaire. L’ouvrage d’Hélène Soumet, Les travesties de l’histoire, présente quelques-unes de ces justicières « masquées ». Je vous invite à vous le procurer, plusieurs portraits sont édifiants !

Mais là n’est pas le propos.

Par la présente, j’aimerais discuter d’une tout autre forme de sexisme : celle de l’image de la femme au sein-même de la communauté des travestis. « Fatale » s’y accorde souvent avec « femme » dès qu’il s’agit de devenir « elle », comme s’il n’existait aucune nuance dès que l’on évoque le sexe féminin. Plutôt produit d’une grande maladresse que d’une réelle démarche de clivage, ces stéréotypes de genre créent un sexisme parfois inconscient mais toujours dangereux.

Portrait d’une femme moderne : jeune, hâlée, élancée, cheveux longs, jolies courbes, lèvres pulpeuses et jambes divines

Il est très commode de faire grief de la mauvaise marche du monde aux médias. Il faut aussi reconnaître que l’image de la femme véhiculée par ces derniers n’est jamais très heureuse. Faites l’expérience : chercher « femme » sur Google Images convaincrait les féministes les plus engagées à abandonner les armes. Des fesses, des poses langoureuses. Des bikinis, en veux-tu ? En voilà.

Recherche Femme Google
C’est donc ça, une femme…

On en oublierait presque que la féminité existe en dehors de l’imaginaire, avec toutes ses variantes, ses nuances et ses apparences irrégulières. Il ne faudrait cela dit pas oublier que l’utilisation souvent cumulée des canons de beauté par les médias n’a d’autre but qu’achalander (la ou) le client(e).

Les médias dressent un portrait peu flatteur de la femme. Légèrement vêtue, son charme n’opère que lorsque le haut se décollète et que la jupe se raccourcit, laissant en pâture la longueur d’une belle paire de jambes, proportionnelle à la hauteur des talons des souliers chaussés. Dans cette représentation médiatique de la femme, il transparaît en filigrane qu’elle n’est qu’un « objet » au pouvoir de séduction irrésistible. La preuve : dans la publicité, les femmes « accompagnées » sont rares. Quand elles le sont, elles sont comme « possédées » par un homme qu’elles auraient réussi à séduire.

Portrait d’un joli travesti : mini-jupe, talons hauts, longue crinière, douce lingerie et maquillage de soirée

L’image de cette « femme fatale » qui devient « femme objet » se retrouve souvent, trop souvent dans le monde travesti. Je ne voudrais pas tirer sur la même ambulance que dans un précédent billet, mais il n’y a qu’à parcourir les topics de fora transgenres pour s’en rendre compte ! Talons hauts, robes courtes, décolletés plongeants, perruques extra-longues… Tous les canons de beauté sont exploités au maximum. C’est une réflexion que je me suis souvent faite en arpentant des soirées entre travestis : les pantalons ou les chaussures plates ne sont que très rarement de sortie. Après tout, le travestissement n’est qu’une question d’apparence ; dès lors, pourquoi un travesti ne tenterait-il pas d’optimiser son « capital beauté » ?

Travesti Femme fatale
Nous avons toutes et tous envie de nous trouver « fatale » quand l’occasion se présente. Il serait cela dit réducteur de croire que la femme n’a que cet atout.

Seulement, la beauté ne se limite pas aux stéréotypes. Les femmes portent des pantalons, des chaussures plates, des pulls sans l’ombre d’un décolleté et même, si si, des cheveux courts. Je n’ose pas l’écrire mais certaines d’entre elles ne se maquillent même pas. Forcer le trait n’a finalement pas beaucoup d’autre effet que de renforcer des stéréotypes bien ancrés et des exigences beaucoup trop importantes envers l’apparence que doit avoir une femme.

Plus dangereux encore, il existe de la part des travestis une attitude extrêmement discriminatoire à l’encontre de la femme ; certain(e)s acceptent en devenant « elles » d’être reléguées au second plan et de devenir « exploitables » comme objet de plaisir. Des consœurs témoignent dans ce sens. Est-il encore acceptable d’être « belle » et de se taire, au XXIème siècle ?

Geekette, informaticienne, bricoleuse et bien payée : ce n’est pas très-très féminin, tout ça

Je ne jette pas la première pierre : tout le monde préfère se voir « fatale » qu’en survêt’ troué. Moi le premier. À notre décharge, certains travestis n’ont que peu de temps de travestissement pour des raisons tout à fait distinctes. De fait, les phases de « transformation » sont souvent l’occasion d’enfiler une robe ou une jupe, que l’on a trop rarement l’occasion d’arborer en tant qu’homme. C’est tout à fait compréhensible. Ce qui l’est moins, en revanche, c’est de segmenter les activités selon le genre, tout comme il est odieux de le faire selon le sexe.

L’exemple le plus criant est assez répandu : il s’agit du rapport au sport. Que l’on aime ou pas le football, là n’est pas le problème. Ce qui dérange, en revanche, c’est d’entendre beaucoup trop souvent dans la communauté des travestis : « je n’aime pas le football, c’est un sport de mecs ». Gaëtane Thiney vous remercie. Allons, qu’est-ce qu’un sport d’homme et qu’est-ce qu’un sport de femme ? Faut-il comprendre qu’en tant que travesti, il est de meilleur goût de s’intéresser au patinage artistique ou à l’équitation ? Il faut surtout se rendre compte que c’est aussi dégradant de considérer et déclarer, admettons, que la « gymnastique est un sport de gonzesse ».

Travesti jeux vidéo
La communauté des jeux vidéo est aussi une communauté très sexiste. Cette passion est souvent considérée comme « masculine » : pourtant, selon l’Entertainment Software Rating Board, 40% des joueurs étasuniens seraient des joueuses.

Je ne citerai personne en particulier pour ne pas ouvrir de procès, si ce n’est Axel Léotard et son excellent cale-porte : Osez changer de sexe. Dans ce que l’on est censés considérer comme un guide, il explique avec une désinvolture naturelle qu’une femme doit éviter les discussions « masculines » comme la mécanique ou les sports. Par contre, les hommes devraient discuter de politique mais surtout pas de leurs (éventuels) enfants.

Le « travail » est lui aussi sujet à un sexisme latent. Le phénomène ne touche pas vraiment le forum des travestis mais il m’est déjà arrivé, dans le cadre de travesti.fr, que l’on me soumette des candidatures. Pour l’anecdote, une candidate m’a décrit sa motivation la plus limpide : « exercer un métier plus féminin ». Je m’interroge : qu’est-ce qu’un métier féminin ? Cela prêterait à sourire dans une société qui n’est pas la nôtre. Hélas, aujourd’hui, le salaire des femmes reste 28% inférieur à celui des hommes et il me semble que distinguer les métiers de femmes de ceux d’hommes contribue au sexisme dans le monde du travail. Puis, tout à fait entre nous, le métier de premier ministre est-il plus féminin que peintre en bâtiment ? Pourtant…

Qu’existe-t-il entre l’homme et la femme ?

En tirant un peu la ficelle, on se rend vite compte que le sexisme est bien plus ancré qu’il n’y paraît. De nombreux témoignages de consœurs expliquent que seul un « total look » n’est envisageable. Ce que l’on appelle un « total look » dans le milieu du travestissement est le fait de s’habiller « en femme » de la tête aux pieds, perruque et maquillage compris. Le fait de porter une robe doit être accompagné de tous les stéréotypes de la femme et pour beaucoup, il est incongru de porter sa LBD sans avoir pris la peine de coiffer sa perruque et d’avoir tiré son trait de liner.

De la même manière, beaucoup d’entre nous avons du mal à accepter que la mode « féminine » puisse s’intégrer à une tenue d’homme, si ce ne sont quelques éléments de lingerie sous un costume pour les plus adeptes de sensations soyeuses.

Mode mixte
La mode est beaucoup plus mixte qu’il n’y paraît…

Pourtant, imaginer qu’il existe un monde entre les univers du prêt-à-porter féminin et masculin n’a jamais été aussi faux, surtout à l’heure où la majeure partie des tenues féminines est issue des vêtements masculins. Pire encore : il n’y a rien de tel pour renforcer le clivage entre la femme et l’homme.

Il me semble pourtant que nous sommes nombreuses et nombreux à nous situer quelque part, entre les deux genres, voguant d’un monde à l’autre sans forcément vouloir se ranger en tant « qu’homme » le matin et « femme » le soir, ou l’inverse peut-être. Ne devrions-nous pas être, nous-mêmes, très vigilants quant au sexisme ? Si nous souhaitons que l’égalité des sexes devienne une réalité, nous devrions songer à démanteler les stéréotypes de genre…

Peace.

32 commentaires

  1. A l’époque où mes temps de féminités se comptaient en heures, j’avais tendance à mettre le curseur le plus vers le rose possible, aujourd’hui qu’il se compte en jours, mon niveau d’exigence de féminité a bien baissé, je ne m’en sent pas moins femme, bien au contraire…

    • Je pense que l’une des différences fondamentales, et mon avis est peut-être faux, c’est qu’avec le temps, on ne cherche plus à devenir « elle » mais à devenir « soi-même », avec tout ce que cela implique comme recherche de la zone de confort et de critère de beauté.

      Car il y a quelque chose que j’ai appris en me travestissant, au fil des années : il y a un vrai écart entre ce que l’on souhaite porter et ce qui nous séduirait chez une femme…

  2. C’est vrai que l’approche est délicate.
    J’ai l’impression que lorsqu’on commence à s’assumer en tant que travesti, il y a une phase où l’on exagère pas mal sur le look et le maquillage. Un peu comme une ado qui commence à se maquiller et se pomponner… Mais en pire 😀
    A ce stade, on fait tout pour passer pour une fille, et on surcharge au risque de tomber dans la caricature. Mais ça me paraît normal de passer par cette caricature pour pouvoir se rendre vraiment compte de ce qui est exagéré et de ce qui ne l’est pas, de ce dont on a besoin ou pas, et de ce qui fait qu’on devient sexiste en affichant une telle image. Là on finit par se dire que les filles n’en font jamais autant irl… Et que finalement, la féminité c’est pas juste ce qu’on en voit à travers nos yeux de mec.
    Une fois qu’on s’en rend compte, tout le travail réside dans les nuances à apporter à la caricature, pour finalement en faire un beau portrait !
    Enfin, c’est comme ça que je vois mon propre parcours, avec un peu de recul.

  3. Coucou Juju,

    Je ne sais pas si ça va dans le sens de ton message, mais là, je suis au taf’, habillé en mec avec mes ballerines …

    Ben, rien que ça, ça me fait plaisir car je me sens moi …..

    Bises, Au.

  4. Hello,
    bonne tribune qui met les pieds dans le plat 😉
    Une petite théorie :
    pour certain.e.s, avoir envie de plaire quand on devient femme,
    c’est aussi une revanche sur le fait de ne pas se plaire déjà à soi-même quand on est homme,
    parce qu’on n’aime pas l’homme qu’on est,
    parce qu’on n’aime pas être un homme.
    Donc on devient une femme pour se plaire à soi-même pour commencer, puis plaire devient inconsciemment un attribut de sa féminité, tout au moins au début…
    Je ne dis pas que c’est le cas de tout le monde, mais je le ressens en partie comme ça.

    • Il y a sans doute du vrai dans ce que tu écris ; combien d’entre-nous avons eu du mal à accepter notre image « d’homme » ? D’ailleurs, le travestissement peut aussi avoir un côté salvateur de ce côté-là et on finit par accepter l’homme que l’on est, avec toute la part de féminité qui en émane. Non ?

      • De nombreuses personnes de tous sexes ou genres n’aiment pas leur image, ce n’est pas pour autant qu’elles éprouvent le besoin de changer de genre à travers des vêtements. Il serait bon de lancer un sondage dans la population pour savoir chez ce cher être humain, ce qui ne lui plait pas chez lui et ce qu’il aimerait changer, j’ai rarement rencontré des personnes qui se sentaient belle ou point de n’avoir rien à changer…
        Je crains que beaucoup de choses soient en plus sociétal et soumis à la temporalité.
        En plus l’image que nous avons de nous et celle que l’on souhaite renvoyer aux yeux des autres, n’est pas forcément celle qui est perçue et elle varie suivant les personnes interrogées, la construction de la vision de l’a féminité et de la masculinité étant construite pour bonne part par nos parents, les personnes et milieu que nous fréquentons et de plus en plus par les différents médias télévisuels puis de la presse écrite… en tout cas, les magasins féminins véhiculent beaucoup de clichés et il y a toujours les même marronniers, comme être belle et désirable sur la plage… Perdre des kilos, les recettes miracles, etc. Et question maquillage, de plus en plus de maquillage est utilisé avec pour message, que vous soyez le plus naturelle possible… M’enfin !
        Et depuis quelques temps, dans une publicité nous voyons une femme qui passe des crèmes sur le visage de son homme pour qu’il ait un bel éclat, et moins de ridules…
        La cosmétique pour homme a fait son apparition et nous sommes de plus en plus dans une société basé sur les apparences qui impose des dictats de beauté, depuis des siècles à la femme et de plus en plus à l’homme, comme à l’époque des rois et des perruques poudrées…
        Bref une vraie égalité des sexes ! Travaillez bien et soyez beaux, sortez, dépensez, et passez donc un peu à côté de la vie, la vraie ! Quoique les parures et le maquillage remonterait quand même à quelques millénaires. Ce comportement semble donc humain, et lorsque la femme souhaite faire plaisir à son homme ou sa femme, elle se fait belle, se maquille et se féminise plus et l’homme fait de même il se fait beau et viril, bref, les oiseaux font des parades pour se séduire.
        Moralité il faut juste adapter ses look aux instants et aux endroits où l’on souhaite se rendre.
        Quant à accepter son image, cela est une autre affaire, ces surtout sa propre image que l’on doit accepter avant toute chose, il faut savoir si l’on se plait à soi ou si l’on veut plaire aux autres, c’est sur que si l’on souhaite plaire au autres, vu le nombre de personnes, il est impossible e répondre à tous les critères, le refus d’acceptation de son image vient surtout du fait que l’on pense, ou qu’elle n’est pas acceptée, par l’autre (enfin celles et ceux que l’on souhaite séduire).

  5. Quand je me travestissais, c’ est vrai que j’ avais plutôt un look femme fatale voir carrément sexy.
    Mais finalement je me suis rendue compte que je n’ étais pas heureuse car le problème était ailleurs.
    Puis j’ ai commencé à observer les femmes dans la rue et j’ ai vu que je me faisais une fausse idée de la féminité.
    En fait tout se joue dans les détails et on n’ est pas forcement féminine seulement quand on porte une jupe ou une robe. J’ ai commencé par mettre des jeans moulants, des tee- shirt ou des pulls, des accessoires etc…
    Maintenant que je vis au jour le jour au féminin, c ‘est souvent ce type de vêtements que je porte. Je ne me sens plus dans la caricature. Et je passe mieux auprès des gens. En fait je ne veux plus être la femme fatale que j’ idéalisais dans le passé mais juste être une femme tout court…

    • Le problème n’était donc clairement pas d’être une « femme », donc « séductrice ». Ce qui est bien, c’est que tu t’es rendue compte de ce qui te manquait, à savoir être toi-même. Et quand tu étais « fatale » comme tu l’écris, tu n’étais sans doute pas toi-même.

      Peace.

    • De tout cœur d’accord avec toi sophie. Au fur et à mesure, je me suis dirigé vers des tenues plus discrètes et confortables, même si j’aime toujours autant me torturer avec des talons hauts.
      Je ne trace pas une croix sur mes tenues femmes fatales ou sexy, mais je les réserve désormais à de très rares occasions, au même titre que nos amies les femmes.

  6. Merci pour ce très bel article… une fois encore !
    C’est une analyse assez juste et elle met le doigt sur un sujet dont on a pas forcément conscience.
    C’est vrai que je suis souvent étonnée de voir des photos de consœur sur flickr ( en particulier chez nos amies américaines ) avec une approche résolument sexiste : préparer le dîner en tenue de soubrette, passer l’aspirateur avec le sourire, ou le plumeau avec ravissement… des clichés que l’on croirait sortis de « réclames » des années 50.
    Et je parle pas d’attitudes que je ressens comme dégradantes, mais là, cela n’engage que moi, d’autres préférant parler de jeux sexuels…
    Et se pose donc la question de l’état d’esprit de ces hommes qui, une fois « en femme », s’auto-appliquent un sexiste débridé ; est-ce un fantasme qu’ils ne parviennent pas à assouvir d’une autre manière, est-ce l’image de soumission tellement ancrée en eux que c’est la première chose qu’ils font/ressentent lorsqu’ils sont « en femme » ?…
    Alors, dans ces conditions, comment peut-on véritablement faire avancer notre acceptation par la société ? Comment souhaiter, voire exiger la tolérance pour soi-même lorsqu’on ne la pratique en tant qu’homme ?
    Comment ne pas attirer cette attitude brutale et macho quand on est « en femme » si on la pratique quand on est « en homme » ?
    L’homme que je suis sait ce que ressent et ce que souhaite la femme que je deviens parfois, alors comment pourrais-je l’oublier d’un côté comme de l’autre ?
    Certes, il y a des attitudes, des gestes, des convenances, des règles d’élégance et de savoir-vivre ( qui parfois ont un côté désuet et que l’on pourrait qualifier de sexistes ) que j’apprécie particulièrement en tant que femme… et que je pratique donc avec plus de facilité et de plaisir en tant qu’homme… se faire ouvrir la porte d’une voiture, écarter la chaise d’une table de restaurant, poser le manteau sur les épaules… être une femme, même à temps partiel, est un excellent moyen ( si ce n’est le meilleur ) pour ressentir et comprendre les désirs, angoisses, agacements et plaisirs d’une femme… et ainsi les rendre en tant qu’homme.
    J’en comprends d’autant moins le sexisme de mes consœurs !
    En ce qui concerne l’ultra, l’over-féminité vestimentaire, je me demande s’il n’y a pas aussi, d’une certaine manière, l’envie de compenser le manque physiologique de féminité; affiner ses jambes par de hauts talons et des mini-jupes, compenser la carrure par des décolletés qui détournent le regard, chevelure volumineuse pour cacher les mâchoires carrées et les nuques massives… il faut du temps pour comprendre et maîtriser l’art délicat du choix vestimentaire ; quel vêtement convient à ma morphologie vs quel vêtement j’aimerais porter !
    Personnellement, j’ai commencé à me travestir « sérieusement » à 45 ans, et avec 15 kg de trop, ce qui ne favorise pas trop les tenues sexy. Aujourd’hui que j’ai retrouvé une ligne acceptable, et que je pourrais davantage porter des robes moulantes et des escarpins vertigineux, je ne ressens pas ce besoin ; j’ai trouvé un style classique qui me convient et que je parviens à peu près à maîtriser, et je me sens bien ainsi.
    Ce style attire le respect plus que la moquerie et le dédain, rarement le dragueur, parfois le curieux respectueux… cela convient parfaitement à la femme que je suis parfois, et satisfait l’homme dans lequel elle s’abrite.
    Voilà pour ma réflexion et mon expérience, et pardon pour la publication en 2 morceaux…
    Glawdys

    • C’est sympa les commentaires épisodiques 🙂

      Le principal est d’avoir trouvé cet équilibre, ma foi. Tout est effectivement question de respect ; pour obtenir celui des autres, il faut savoir se respecter soi-même.

      Bises=)

  7. Deux réflexions comme ça à la volée :
    – l’une concerne le film « une nouvelle amie », j’ai trouvé ridicule la scène où Romain Duris lors du weekend à la campagne, se remet en homme pour couper du bois… on peut tout à fait (et je le fais régulièrement) s’habiller en tenue de « souillon » pour faire du bricolage ou du jardinage…
    – l’autre me concerne plus directement, c’est à propos du sujet « Votre plus grand moment de bonheur en tant que femme »… je n’ai jamais osé y publier qu’un grand moment pour moi c’est quand 2 compagnes de consoeurs m’ont déclaré, lors d’un weekend organisé dans le cadre d’une association transgenre « alors toi, Isa, t’es une vraie nana ! »… le hic (et on en revient au sujet de l’article) c’est que je participais très activement avec elles et notre hôte aux tâches de service et de débarassage des tables, pendant que ces messieurs-dames restaient les pieds sous la table… en gros ça m’a fait plaisir, bien sûr, mais j’en ai un peu honte par rapport à ce que cela suppose en terme de stéréotypes..

    • Ha oui, il n’y a pas plus stéréotypé… 🙂 De toute ma jeunesse, j’ai toujours vu ma mère bricoler et rarement mon père, ce qui n’a jamais fait d’elle et de lui respectivement un mec ou une nana.

      Quant à couper du bois, comme s’il fallait exhiber son muscle de bras pour le faire 😉 !

      Bises, Isa !

  8. Accepter que la notion de genre existe n’implique t’elle pas de facto d’avoir une attitude discriminatoire en raison du sexe ?

    Ce qui « m’inquiète » parfois quand je lis des réactions sur le forum, c’est effectivement la volonté de garder un clivage des genres. Cela amène automatiquement à considérer comme une anormalité le fait d’apposer un genre féminin sur un homme.

    Ce point rejoint la réaction que j’avais eu sur ce billet : http://xxy.fr/quatre-ans-de-travestissement-ca-vous-change-un-homme/

    • Oui c’est vrai qu’il y a un discours que l’on entend souvent : la féminité existe, la virilité aussi, et si l’on en entend notre communauté, on aimerait que le fait de passer de l’un à l’autre soit absolument accepté.

      Il faudrait alors peut-être aussi accepter qu’il existe entre les deux des millièmes de nuances.

  9. Gardons nous de toute généralité.
    L’homme et femme sont différents, au niveau de la perception des choses, des goûts, de la sensibilité, ect…. et c’est tant mieux. Un monde uniforme serait trop triste. Ce qui me dérange, quelque soit le genre, c’est quand il y a manque de respect.
    Je rêve d’un monde ou nous aurions tous de l’empathie les uns envers les autres, on peut toujours réver….

    • Tu vas t’attirer les foudres des féministes avec ces propos.
      Nous sommes tous individuellement différent, je ne vois pas comment il pourrait y avoir une quelconque uniformisation.

      Après, pour le manque de respect, oui, évidemment.

      • Ce que Je dis n’a rien de surprenant, même pour les féministes, je suppose et je l »espère, car nier la différence qu’il existe entre un homme et une femme, c’est nier une évidence que l’on constate chaque jour. Différents, complémentaires et nécessaires l’un à l’autre, c’est ainsi que je le perçois.

          • Oui biologiquement différent qui améne chacun des deux sexes à appréhender un même problème de façon différente, et ensuite il y a les différences entre les personnes d’un même sexe, bien sûre. On connait tous la courbe de Gauss.

    • Cela me rappelle la boîte à empathie des « Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » qui nous met dans la peau d’un martyr. Dans la même idée, l’exposition Au bazar des genres du MuCEM proposait une douche d’insultes pour tenter de comprendre ce que l’on ressent lorsque l’on est verbalement agressés de propos homophobes… 😉

      • Oui difficile dans ce cas là d’avoir de l’empathie pour ceux qui nous insulte. C’est ce que tu veux m’expliquer Julien ? C’est sûre, nous ne sommes que de pauvres humains, mais sans aller dans des situations aussi extrêmes, essayer seulement de comprendre pourquoi untel agit ou se comporte de telle façon pour l’accepter au lieu de le critiquer, voir de le persécuter.

  10. C’est drôle mais cela fait justement partie des « dix erreurs du travesti débutant » (en fait je n’en n’ai que 6 pour l’instant mais je vais trouver 😉 ).
    Je pense que tout travesti débutant ou presque passe par cette phase où il s’habille selon une vision caricaturale de la femme. Ce n’est qu’avec le temps que l’on se rend compte qu’une femme ce n’est pas que mini-jupe et talons hauts. Heureusement!
    Personnellement il devient de plus en plus rare que j’enfile une tenue sexy lors de mes transformations. Disons que comme une toute femme je le réserve à ce rares occasions où j’ai envie de mettre les petits plats dans les grands. Par contre pas de pantalon pour une sortie ! Les occasions de pouvoir porter une robe sont trop rares ! 🙂
    Sinon je vous rassure, ce type de sexisme n’est pas exclusif aux travestis. Sous prétexte que je ne suis pas le plus testostéroné des hommes l’une de mes meilleures amies (qui n’est pas au courant pour Sophie) me dit souvent : « Tu est plus féminine que moi! » C’est pourtant une très belle femme et je n’ai rien de féminin en « mec ». Mais il semblerait lire la presse féminine, suivre la mode, de prendre soin de soi et être sensible ce n’est pas très masculin…

    • Oui, tu pointes quelque chose dont on ne parle pas assez mais le sexisme n’est pas à sens unique. D’ailleurs, beaucoup de travestis l’entendent de leur propre compagne : « je préfère un vrai mec ». Un vrai ? C’est-à-dire ?

  11. Ce que tu décris (faire la vaisselle, le repassage… une fois travesti) est absolument inacceptable. D’ailleurs, on lit ou entend parfois des consœurs qui expliquent qu’elles « changent » une fois en femme, parce qu’elles participent plus aux tâches ménagères.

    Sérieusement…

    • Ménage, vaisselle, repassage, cuisine, couture, commissions… tâches dont je me suis toujours acquitté en tant qu’homme et dont je m’acquittais lorsque j’étais en couple… et en leggins (enfin pas, pour les commissions). D’où le genre de réflexions sexistes citées par ailleurs, « les jours sans », de la part de la compagne du moment : et puis m….! un vrai mec ça ne coud pas, un vrai mec ça ne met pas de leggins, un vrai mec ça ne cache pas « ce qu’il a » entre ses cuisses, assorties de l’éternel « tu n’es décidément pas sortable » … quand ça ne me gênait pas plus que ça que l’une de ces dames se passionne pour le rugby. Il y avait cette crainte que l’entourage, les amis « se doutent de quelque chose ». Il y avait cette angoisse que s’il m’arrivait un accident, que penserait-on aux Urgences de ce que je porte un collant et une lingerie soyeuse, qu’expliquerait-elle au cas où on lui poserait des questions ? L’une de mes compagnes verrouillait soigneusement son armoire « pour que je n’aie pas l’idée de lui piquer ses dessous et ses robes ». Mais elle adorait mes pulls et m’en piquait. Elle passait ma mise en revue lorsque nous attendions des amis : il ne fallait pas que le haut du collant ou la frange dentelée de la culotte dépasse du pantalon réglementaire. Elle m’a laissé le jour où j’ai cessé d' »être sa jolie chose ». La dernière pensait que j’étais un homo refoulé et m’a quitté parce qu’elle ne s’imaginait pas construire quelque chose de viable avec un homo refoulé.

  12. sexisme, ça veut dire quoi exactement?
    Faire une différence entre les sexes ou considérer qu’un sexe est supérieur à l’autre?
    Je ne considère pas qu’un homme est supérieur à une femme ou l’inverse, ce serait comme du racisme. Mais je note dans mon expérience personnelle que pas mal d’hommes ont une moralité discutable et une considération de la femme pour le moins dégradante.
    Pour ce qui concerne le milieu « T », je note tout de même moins de misogynie en général.

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