Faut-il souffrir pour être belle ?

Entre être belle et se taire et souffrir en silence, il existe un juste milieu : souffrir pour être belle

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Il faut souffrir pour être belle, expliquent les mamans à leurs petites chéries pendant qu’elles démêlent leurs longues crinières. Dès le plus jeune âge, les femmes sont conditionnées – pour ne pas dire embrigadées – avec la doctrine selon laquelle les femmes doivent souffrir, en toute légitimité, pour des raisons esthétiques. Souffrir pour être belle : est-ce un choix ou une contrainte ? Et d’ailleurs, doit-on forcément souffrir pour être belle ?

6 commentaires

  1. Coucou Julien,

    Bah, … les hommes ont aussi leur injonctions, ne serait-ce que pour être pris au sérieux ou pour séduire.

    C’est sûr, un père ne donnera pas des conseils makeup, mais pour être « un beau garçon », il faut : avoir une barbe bien rasée ou taillée, porter une belle cravate qui serre le cou, avoir un beau costume qui tombe bien, avoir une coupe impeccable… Le tout, complété par des aspects moraux pour donner aussi une image virile, de référence : sois fort mon fils, il faut te muscler, ne pleure pas, ça forge le caractère, c’est toi l’homme de la famille …

    Mais ton article montre bien les questions : qu’est-t-on est prêt(e) à endurer pour (se) plaire et est-ce que tout ça est bien raisonnable ?

    Bises,

    Véro

    • Coucou, Véro ! Oui, bien sûr, « chacun sa croix », comme on dit. Le fait est qu’aujourd’hui, malgré les souffrances que l’on s’inflige pour être « femme » ou « homme », la société reste beaucoup plus exigeante envers les femmes. Je balance ça comme ça, mais c’est très facile de le constater. Bises !

  2. Et oui, entre les talons trop hauts, le maquillage trop lourd, la perruque trop longue, la robe trop courte, le corset trop serré, les ongles trop grands, le string trop petit… Le TROP est vraiment l’ennemie du confort et surtout du bonheur à se travestir et d’être soi-même. Vive la simplicité !

    Pour rebondir, sur le commentaire de Véronice, je suis d’accord que les hommes subissent également la pression des canons de beauté. Mais on est quand même très loin de ce que subissent les femmes. Une femme politique sera d’abord jugée sur sa tenue et son brushing avant ses actes et paroles. Et ce n’est pas les commentaires des journalistes et collègues masculins qui me feront dire le contraire. Dans la pub c’est la même chose, pour faire vendre un matelas, une voiture, un site de rencontres, il faut obligatoirement que la femme soit hyper sexué. On ne peut pas me dire que les pubs de Renault avec Kevin Spacey soient très sexy. Et ce constat peut être fait dans presque tous les domaines : au cinéma, dans la musique, chez les commerciaux, dans le sport, etc…

  3. Souffrir pour être belle… Cela dépend aussi de la morphologie de chacun. J’ai une très forte pilosité impossible à assumer déjà par rapport à mon intérieur de femme et bien sûr pour l’image que je veux donner de moi. Cette barbe, noire, il faut bien s’en débarrasser! Je suis pas crésus ne me parlez pas d’épilation lazer car j’ai aussi envie d’avoir le choix. L’avantage quand on est une femme emprisonnée dans un corps d’homme, c’est de pouvoir aisément circuler dans la rue sans se faire draguer à tous les coins de rue, c’est agréable quand on n’a pas l’habitude puis ça devient lassant, heureusement qu’on peut faire machine arrière quand on a pas passé le cap des hormones. Autrement je me fais épiler la barbe à la cire, un pur moment de plaisir😅… Mais comme toute opération douloureuse,on finit par s’habituer à la douleur, c’est la première fois la pire. Je pense à mes premières années ou je me faisais des nattes africaines sur la tête à l’âge de 15 ans ça faisait pas du bien. Mais justement on devient moins douillets et plus résistants à la douleur en général ça finit par être un mal pour un bien parce-que des situations de souffrance physique on en aura tous un jour ou l’autre et malheur à celui ou celle qui n’a jamais souffert. C’est ma petite souffrance quotidienne la pilosité, pour le reste je m’y accommode, j’arrive à être féminine avec un style androgyne (jean slim, veste de sport pour femme, sweat-shirt long et large pour homme…), un tout petit peu de fond de teint, cheveux lâchés et diamants aux oreilles et on hésite beaucoup moins à m’aborder, hommes comme femmes, en m’appelant madame beaucoup plus souvent que si je sors l’artillerie femme fatale ou la je rentre vraiment dans la case « travelo ». Ça c’est pour le regard extérieur, et c’est pas désagréable à voir, mais quand on est ce que nous sommes ou du moins ce que je suis, c’est toujours plus agréable avec le visage repeint après avoir suivi un tuto contouring de grand maître, une magnifique paire d’escarpins, une robe red carpet et une belle paire de créoles, je ne pourrai jamais le nier, même s’il faut souffrir et épiler jusqu’au dernier poil pour enfiler cette tenue !

    • Après, là encore, ce sont les diktats de la société qui le veulent. Conchita Wurst, pour citer un exemple parlant, a prouvé qu’on pouvait porter une robe « red carpet » en ayant de la barbe ou, tout du moins, une représentation de barbe… Comme quoi.

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