Il ou elle ? À vous de choisir !

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La grammaire n’a jamais été plus difficile qu’avec les transgenres. Oubliez vos leçons du CE1 puisqu’accorder les « T » n’est pas aussi élémentaire qu’il n’y paraît. Parle-t-on d’une travestie, doit-on dire un transsexuel ? Mais surtout, s’accorde-t-on au masculin ou au féminin en parlant de soi ? Pour tout dire, ce choix est personnel, pour ne pas dire intime, et vous ne devriez laisser personne choisir à votre place !

27 commentaires

  1. Coucou Julien, sympa ton nouveau podcast !

    Ah, nommer et qualifier, c’est déjà un vieux problème en soi, alors pour nous, c’est un vrai casse-tête.
    On n’a pas encore trouvé de travesti, avec un nom de garçon qui s’accorde au féminin, je crois ?
    Ça fait penser aux doubles négations, au bout d’un moment on n’y comprend plus rien.

    Ton discours illustre très bien toute notre complexité, qui est aussi notre richesse par ailleurs ^_^.
    Limite, à un moment, j’ai cru que la vidéo allait passer sur le mode « slide » avec des schémas partout ;-P

    Gros bisous,

    Véro

  2. Vraiment très bon podcast !
    Je reconnais vraiment les phases de l’apprentissage, étant passé par une période aussi où dans la tête je mettais tout au féminin, je e vois plus comme une évolution personnelle en fait. Maintenant, comme tu dis, c’est en fonction des phases de la lune, de l’alignement des planètes et de la température ^^ Bien que par habitude généralement j’emploie le masculin, le féminin arrive parfois dans les accords de manière spontanée ^^ Les amies ne se reprennent même plus quand elles le font aussi ^^
    Autant au début, c’était davantage comme une dualité à l’intérieur, mais qui a fini par s’embrasser et fusionner pour ne former qu’une seule et même personne : nous-même (ouais je m’emballe haha =D)

    Concernant la vidéo en elle même sur la forme, je trouve dommage le spot lumineux en reflet sur tes lunettes, ça cache ton liner 😉 (mais surtout, ça attire le regard quand tu bouges la tête aussi j’ai trouvé ^^). Et ce gloss effet lèvres mouillées te va nickel ^^
    Sur le fond, rien à redire, c’est très ouvert, didactique, chapeau l’artiste !

    • Le spot lumineux ne devrait bientôt plus gêner, je devrais (rapidement) changer de matos. C’est surtout le son qui me gêne sur ce podcast, le micro était plein, j’avais oublié de vider la carte SD.

      Merci pour tes gentils mots et je comprends parfaitement ce que tu veux dire, quand tu parles de « fusion ». En ce qui me concerne, j’ai vécu ça lorsque mon entourage commençait à connaître mon travestissement et que de plus en plus de « féminin » se versait dans le « masculin » et vice-versa.

  3. Chouette podcast, dans lequel j’espère, chacun et chacunes se retrouveront.
    Moralité, il faut dire : « elle est une jolie travesti (sans e) » ou « elle est un joli travesti » ? 😀

    Avant de m’inscrire sur XXY, je ne savais pas qu’il était d’usage de choisir un prénom féminin, ni de se conjuguer comme telle. Comme je ne savais pas trop quoi faire, les messages que j’ai pu poster durant les premières semaines avaient des tournures neutres.

    Me poser cette question et ne pas savoir répondre m’a finalement fait comprendre que je n’aurai fait que jouer un rôle d’intégration. D’être motivé par les us et coutumes, plutôt que par moi même.

    Du coup, je me conjugue au masculin. Avantage : il y a moins de risque de faire une boulette de conjugaison en dehors de ce monde 😛

  4. Superbe vidéo qui soulève bien ce problème de la raison du travestisme. Pour moi, je me sens quand même homme qui pratique cette activité par défi et bien être, donc je préfère le « il ». Cependant, n’ayant jamais fait de sorties, je prendrai mal qu’on me parle comme un homme… paradoxal non ? Enfin, ayant déjà passé une journée avec ma chérie habillé en nana, elle m’accorde au féminin mais prends mal le fait que je me dénomine comme un femme, étant convaincue qu’elle aime l’homme qui réside en moi et non une hypothétique femme (que je ne serai jamais). Plus de questions que de solutions au final ^^

  5. Bonjour,
    Merci pour la leçon de français, par contre entre transsexuelle et transsexuel, sur la toile il est écrit le contraire de ce qui est dit dans la vidéo ici = > http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/transsexuelle.
    Je n’ai pas trouvé de spécifications sur le site du centre national de ressources textuelles et linguistiques, ce n’est l’accord avec le terme qui le précède ami transsexuel ou amie transsexuelle =>http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/transsexuelle. Donc le ou la suivant le sexe de départ ou le sexe d’arrivée, on peut comprendre que des personnes s’y perdent, entre logique et façon de continuer à dire qu’un homme qui est devenu une femme resterait de toute façon un homme même si son apparence change, ou l’inverse pour le cas de femme à homme… Souvent, la tendance de certaines personnes connaissant une personne ayant fait une transition ne la désignent pas comme l’image qu’elle est devenue, mais rappellent toujours le fait qu’elle n’a pas toujours été ce qu’elle est devenue, en la désignant comme transsexuel(le). Une ou un transsexuel ne l’est que pendant la transition, après la personne devrait prendre la case normale soit de femme ou d’homme, elle en aura assez souffert tout au long d’un bout de sa vie pour en arriver là où elle se sentait appartenir depuis son enfance.

    Bref il serait plus sympa et plus respectueux de dire cette personne est devenue une femme, ou inversement et non pas ce transsexuel ou cette transsexuelle, on comprendrait aussi bien ce que cela veut signifier…
    J’ai toujours eu du mal avec les personnes qui se revendiquent un statut de transsexuelles, même si je comprends le terme de transsexualité, d’ailleurs souvent certaines des personnes opérées parlent d’une obligation de stérilisation, hors c’est une réassignation sexuelle… Cela diffère à mon avis dans la trans-identité entre la transsexualité un changement de sexe et transgenre un changement de genre, si tous les deux entrainent un changement d’apparence, l’un entraine de fait un changement du sexe attribué par la nature lors de la naissance alors que dans l’autre cas, il n’y a pas un rejet irrépressible de celui-ci, mais plus un positionnement social, une reconnaissance du genre dans lequel la personne souhaite être perçue sans avoir besoin de faire accorder son sexe à son genre.
    Désolée, J’ai dérivé un peu, tout ceci est un grand débat… qui n’est pas près de s’arrêter.
    On comprend de fait la complexité du sujet qu’il soit dans les mots, les maux ou les personnes.

  6. Pour rebondir sur le sujet de l’utilisation de « transsexuel » et « transsexuelle », j’ai pas mal potassé le sujet pour un article et je suis tombé sur une charte signée par plus de cinquante rédaction en France : http://ajlgbt.info/informer-sans-discriminer/respecter-les-personnes-trans/
    Sur ces termes, il est précisé et je cite :
    « — Transsexuel-le-s, transgenres ou trans?
    Le terme transsexuel-le est parfois utilisé pour désigner plus spécifiquement les personnes trans opéré-e-s. Les personnes non-opéré-e-s peuvent être appelé-e-s trangenres. Pour éviter d’instaurer une hiérarchie, on préférera le terme personnes trans, qui permet d’inclure la multiplicité des parcours et des identités. »
    Du coup, j’essaye au maximum de m’y attacher.

  7. Je ne souhaitais nullement donner comme proposition la description de reverso, loin s’en faut.
    Juste montrer que certains sites qui informent les personnes « non initiées » et arrivant en première page dans certains moteurs de recherches, on ne peut culpabiliser les personnes qui ne sont pas « spécialistes » de commettre des erreurs.
    Ensuite détailler des faits, mettre dans des cases, a toujours été fait pour répertorier les animaux, oiseaux, coquillage, papillons ou poisson dont certains peuvent changer de sexe, etc.
    Je suis allée dernièrement visiter un muséum d’histoire naturelle. Heureusement les oiseaux et les coquillages, n’ont pas leur mot à dire ou ne peuvent pas dire ce qu’il pense de la classification qui leur a été attribuée par les scientifiques humains.
    Comme souvent les cases embêtent lorsque l’on touche à l’humain. Pourtant la discrimination n’est pas péjorative dans sa définition première «Action, fait de différencier en vue d’un traitement séparé (des éléments) les uns des autres en (les) identifiant comme distincts » http://www.cnrtl.fr/lexicographie/discrimination
    Loin de moi de mettre des cases sur les comportement humains, mais juste d’écrire des constats sans juments de valeur.
    Le tout étant de respecter les personnes comme si bien dit dans la vidéo 😉
    On ne peut en vouloir aux personnes de se poser des questions dans un premier temps, après les personnes ayant du respect s’adapteront, d’autres déroutées préfèreront ne pas dévier de leur repères, fautes d’une remise en question de certains acquis et vue la multiplicité des cas proposés dans cette sympathique vidéo  » île ou aile » on peut comprendre que puise régner certaines incompréhension entre ce qui se pratique majoritairement dans la société et le cas par cas. Il y a toujours des exceptions dans les règles…
    Sans oublier le degrés de susceptibilité incombant à chaque être humain et là sans aucune case de genre ou de lieu.

  8. Merci Julien pour ce podcast qui devrait aider quelques uns.
    C’est drôle que tu aies évoqué l’usage qui est fait dans la presse écrite. J’ai remarqué que Libé s’en sortait généralement assez bien alors que le Fig’ a souvent beaucoup plus de mal dans ses accords… mais c’est surement une coïncidence. 😉
    Pour ma part c’est assez clair en ce qui me concerne : « il » en Monsieur, « elle » quand il s’agit de Sophie. Un peu comme dans ces films où un personnage soufrant de multiples personnalités voit ses identités se succéder.
    Et ne soit pas si dur avec Yelle. C’est une de mes chanteuses préférées. 🙂

  9. Perso je suis trans MTF et je me suis jamais travestie… (ça ne m’empêche pas de lire ce site et de trouver ça intéressant cela dit :p )

    De la même façon que les vêtements et le maquillage m’indiffèrent, la question du « il » ou du « elle » me laisse de marbre. Le genre qu’on m’attribue m’importe peu… Je me suis toujours considérée comme un mélange de « il » et de « elle », et je pense que la plupart des gens sont un mélange de « il » et de « elle » donc… Du coup je laisse les gens m’appeler comme ils ont envie. (quand on me demande je réponds « je m’en fous » ce qui doit laisser les gens perplexes ou embarrassés j’imagine) J’accorde le plus souvent au féminin, sauf quand ça risque de choquer ou de provoquer des discussions qui m’ennuient d’avance.

    Il y a dix ans c’était quelque chose qui m’importait beaucoup plus. Mais j’ai fini par me rendre compte que pour moi, c’était plus une façon palliative de m’aider dans ma relation avec mon corps qu’un réel centre d’intérêt. J’avais besoin qu’on m’appelle « elle » et j’avais envie de m’habiller en femme (même si je ne l’ai jamais fait) parce que j’avais envie que quelque chose – n’importe quoi – ferme en partie le fossé qu’il y avait entre mon corps et moi. Une espère de méthode coué 😛

    Au final ça ne m’a jamais beaucoup soulagée. Alors qu’au bout d’un mois d’hormones, j’allais beaucoup mieux. ^_^ Dans mon cas, le problème se situait au niveau de mon corps, du coup toutes les solutions qui n’étaient pas directement dirigées vers mon corps étaient au mieux palliatives.

    My 2 cents.

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