Les limites du travestissement

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Ce titre peut paraître étrange mais c’est une question que je me pose de temps en temps :  jusqu’où pousserai-je le travestissement ? Je n’ai pas spécialement beaucoup de recul là-dessus mais je constate que de nombreuses anciennes gloires du travestissement ont franchi le pas vers une transition. Je pense notamment à Aubrey Frost, DamDam, Kate Salehurst, Jem Paris… et beaucoup d’autres. Lorsque je regarde leur parcours en tant que travesti, je fais très facilement le parallèle avec le mien : une approche artistique, du fun, de la visibilité sur Internet… Alors forcément, je me dis qu’un jour peut-être, je serai moi aussi tentée par une transition. Comme je ne suis pas une spécialiste de la question et encore moins une psychologue, je souhaite partager avec vous mes réflexions. Celles-ci resteront ouvertes, alors n’hésitez pas à me faire part de vos avis et analyses en commentaires !

Une suite logique ?

Nina Lolilove - Travesti Limites 3
Pilule or not pilule ?

Je sais pertinemment que ce n’est pas le cas pour tout le monde. Beaucoup de personnes pratiquent le travestissement de manière épisodique ou pour des besoins variés comme le fétichisme ou le divertissement. Pour ces personnes, je pense que la question ne se pose pas forcément, mais pour celles qui baignent constamment dans ce milieu, est-ce si évident ? En ce qui me concerne, c’est une activité extrêmement chronophage. Entre le blog, les réseaux sociaux, les réponses aux diverses sollicitations, mes séances photos ou vidéos, mes sorties… Sans compter mes réflexions continuelles sur le sujet (idées d’articles, imaginer des looks, aider les autres travestis…). Le résultat est sans appel : deux tiers de mon temps est consacré à mon alter ego féminin. Je trouve ça impressionnant, voire troublant. On peut dire qu’on est certaine de son identité sexuelle et qu’on fait ça par passion. Mais il faut reconnaître au travestissement que c’est une passion particulière, qui fait vaciller la ligne des genres. Si bien que lorsqu’on est dedans en continu, n’est-il alors pas plus simple et logique de vivre à temps complet en femme ?

Winner en fille, looser en garçon

Fille ou garçon ?
Fille ou garçon ?

Dans le travestissement, la dualité entre le masculin et le féminin peut parfois amener des choses que je trouve vraiment surprenantes. Pour moi, la plus remarquable d’entre elles est d’avoir plus de succès en fille qu’en garçon. Bien sûr, je ne parle pas que des commentaires chaleureux que l’on récolte sur Internet, qui peuvent être parfois hypocrites ou donnés à légère. En fait, je pense surtout au domaine créatif. J’ai réalisé beaucoup de choses dans le domaine artistique en tant qu’homme (musique, photographies, blogs…), mais aucune n’a eu autant de succès et de retour que celles que j’ai réalisées au nom de Nina, en particulier ce site. Pire encore : lorsque Nina pointe le bout de sa frimousse, elle reçoit de nombreux compliments, beaucoup plus qu’un Kevin, banal au possible avec un physique longiligne, plus pratique en fille qu’en garçon. Parfois j’en viens à me dire que si Nina fesait de la musique, cela fonctionnerait enfin. Ces exemples mis bout à bout, la bascule vers le côté féminin est bien tentante, n’est-ce pas ?

Mais encore une fois le travestissement est un domaine particulier, un milieu extrêmement lié à l’apparence. Les compliments peuvent nous monter à la tête. Ce n’est peut-être que de la poudre aux yeux et cette « popularité » n’est peut-être que temporaire. Difficile de faire la part des choses lorsqu’on baigne constamment dedans.

La performance plus forte que la raison ?

Est-ce que je suis la plus belle ?
Est-ce que je suis la plus belle ?

Pour moi (et certainement pour beaucoup !), le travestissement est une course à la performance. Dés qu’on « maîtrise » une chose, on passe à la suivante pour parfaire toujours plus notre apparence féminine. En moins de trois ans, j’ai réalisé des choses que je ne pensais pas du tout faisables lorsque j’ai commencé : épilation à la lumière pulsée, sourcils affinés, adaptation de ma charge sportive, manucure, routine beauté et j’en oublie. Actuellement, je me laisse pousser les cheveux et dès mon retour de Chine, je me perce les oreilles. Maintenant, quelles sont les prochaines étapes ? J’ai encore beaucoup de chose à parfaire dans le maquillage, mais je vais certainement bientôt arriver au bout de cette escalade, sans compter qu’avec l’âge qui avance, les transformations seront peut-être de moins en moins convaincantes. Arrivée face à ce mur, est-ce que la tentation d’améliorer encore son image va passer par la chirurgie ou la prise d’hormones ?

Conclusion

Bien entendus je ne vois pas la transsexualité comme quelque chose de tabou et à vrai dire je n’ai même pas peur d’en arriver là. C’est juste qu’il faut le faire pour les bonnes raisons et je pense que j’en suis très loin. Je suis pleinement consciente que ce n’est pas quelque chose de miraculeux et que cela à beaucoup d’influence sur la vie sociale, le travail et la santé. Et finalement, je perdrais sans doute le plaisir du travestissement. Car s’il y a une constance chez les anciennes gloires passées, c’est qu’elles ont pour la plupart arrêté leurs anciennes activités. Mais de mon coté, j’aime tellement ce que je fais, qu’il me serait difficilement envisageable de tout arrêter pour devenir une fille, être pleinement appréciée ou devenir plus belle !

73 commentaires

  1. bonjour ,
    suite a toutes ces questions que les gens se posent il y a 2 categories de transidentitaires celle que ont apelle encore de nos jours  » travestie  » c est paraitre ,passing ,vetements et maquillages voir perruque parfois mais pas touche au corps …ensuite il y a la transgenre et transsexuelle pour elles cela se passe au niveau du ressenti , c’est par le corps que le besoin feminin se produit avoir des seins ou les 2 changer de sexe + les seins ,cela depend du ressenti de la personne .N.

    • Le commentaire de Natasha est tout à fait juste. Je ne me sentais pas à l’aise avec le simple travestissement car cela mettait en évidence mes caractéristiques masculines ( épaules, torse …etc). C’est là que j’ai compris qu’il s’agissait de quelque chose de plus profond, de plus identitaire. J’ai entamé ma transition il y a 10 mois, ce n’est pas une décision à prendre à la légère car cela bouleverse beaucoup de choses ( famille, travail, amour, sexualité… ). Ceci dit je ne regrette en rien ma décision.J’ai l’impression de devenir celle que je suis.

  2. Je ne pense pas que les personnes qui choisissent la voie de la transition le fassent par plaisir du travestissement même si elles commencent toutes, en général, par se travestir pour modifier leur apparence. Je pense que c’ est surtout pour rectifier, ce qu’ elles estiment être une erreur de la nature.A savoir, avoir l’ intime conviction que son sexe cérébral n’est pas compatible avec son corps biologique.Il y a deux poids, deux mesures, vouloir ressembler au maximum à une femme ou le devenir vraiment.Ce n’est pas la même chose.La question que tu dois te poser, c’est pourquoi tu te travestis ? Et non pas jusqu’à quelle limite tu vas le faire…

    • C’est en cela que je me sens différent, je prend le travestissement comme un jeu, un challenge et pas pour me sentir moi même. Mais je pense tout de même que les limites sont importantes à baliser, car je reste persuader qu’il existe des travestis qui prennent des hormones par besoin de performance, ou tout simplement pour les mauvaises raisons.

  3. Coucou,

    Je pense qu’il faut s’écouter avant tout. Si tu te sens femme deviens femme mais si tu aimes les deux restes les deux.
    À savoir qu’une fois la transition commence tu ne peux revenir déçu.
    Après il faut aussi savoir si tu es gay ou hetero, oui je ne te suis pas depuis si longtemps pour le savoir, car demandés toi aussi ce que peux ressentir ton/ta partenaire.
    Bref on s’en fou c’est ta vie et profites en. Ne perds jamais le goût de ce que tu fais.
    Bisous

    • Mais comme je le dit en conclusion, je pense pas du tout à une transition. Mon article est une réflexion globale sur les personnes qui comme moi se dissent juste travesti et qui malgré tout entame une transition.
      Pour la question sur mon orientation sexuel, promis j’y répondrais un jour. 🙂

      • En général, les personnes qui se travestissent et qui entament une transition préfèrent être appelé trans, transgenre, … comme si le travestissement devenait une tare :(.

        Je crois surtout qu’il faut vraiment dissocier le travestissement (en tant qu’activité – le travesti pratique le travestissement) et la transidentité (ressenti interne et personnel vis à vis du genre : agenre, mtf, ftm, bigenre, …).

        Bises.

        • En fait, je comprends le besoin de différenciation lorsque tu fais une transition, tu passes vraiment à autre chose : fini le mi-temps, le fun … tu deviens une femme à temps complet. Je pense d’ailleurs que c’est pour ça que la plupart des travestis arrêtent les photos, vidéos après une transition.

          • Tu as tout à fait raison ! Le quotidien d’une personne, ce n’est pas que le fun. Il faut aussi manger, travailler, se loger, …

            En transition effectivement, tu es rattrapéE par ce principe de réalité. Il y a toujours des moments fun (heureusement !) et beaucoup d’autres moins – ceux que tu vivais justement avant dans ton genre de naissance … avec une discrimination additionnelle (transphobie) ; c’est une chose de se prendre « travelo » lorsque l’on sort pour le fun à la MdT, s’en est une autre lorsque l’on reçoit ce message en faisant son marché.

            C’est certainement la raison de base pour ne pas transitionner sous prétexte d’une performance en passing. On ne le répétera jamais assez :).

            Beaucoup de Trans se rendent invisibles en fin de transition pour vivre tout simplement leur vie. Elles font toujours des photos et des vidéos mais dans un contexte plus « normatif » (famille, amis, …) hors de toute communauté T.

            Ceci dit, à mon sens, une fois transitionnéE, tu restes trans à vie. Quoique certainEs en pensent. THS à vie, dilatations à vie pour celles qui ont fait une SRS, outing chez le médecin ou au laboratoire d’analyse pour être correctement traité, outing lors des dating, …

            CertainEs font le choix de continuer à témoigner ou militer après leur transition, c’est tout à leur honneur.

            Et Merci pour ton billet qui permet d’aborder ces sujets d’importance dans un esprit de dialogue apaisé !

            Bises.

          • Pour tout dire à la basse je voulais appeler cet article : « après le fun, la vie ? ». Mais je trouvais ça un peu limite, car l’un n’empêche par l’autre.
            Je pense malgré tout que jouer à la fille de temps en temps est bien loin de le vivre à temps complet.
            En tout cas, merci pour tes précisions cela apporte un éclairage sur ce que je voulais exprimer.

          • C’est peut-être de la psychologie de comptoir, mais je me dis parfois que c’est assez logique, la disparition des femmes après la transition. En tant que travesti, tu recherches à t’afficher, à faire exploser ta toute féminité. C’est pour ça qu’on a des milliards de photos sur le HDD… Puis pendant (et après) la transition, je pense que ce qui importe, c’est d’être une femme, comme une autre. Je pense, mais je ne sais pas, il faudrait que des personnes témoignent dans ce sens. Bien sûr, j’en connais qui continuent d’êtres des minettes qui adorent êtres photo-modèles, hein, mais peut-être qu’à partir du moment où tu deviens « femme », tu n’as plus autant besoin de montrer, de prouver (en quelque sorte) ta féminité.

      • Je voudrais intervenir car ce commentaire peut laisser à penser qu’une transition est facilement réversible.

        C’est possible oui (on doit connaitre les même personnes qui restent quand même des exceptions) mais plus la transition a été longue et plus c’est dangereux.

        Notre organisme est dépendant aux hormones comme pour les drogues. Il faut donc un sevrage qui dure d’autant plus longtemps que le THS a agit.

        Par ailleurs, certaines modifications de la THS deviennent irréversibles assez rapidement (stérilité) ou quasi irréversible (la poitrine ne disparaitra pas).

        Le sevrage peut introduire des complications assez sévères équivalent à la ménopause (ostéoporose, …).

        On ne fait pas un THS pour essayer.

        Dans tous les cas, un endocrinologue compétent (peu connaissent le sujet Trans) est indispensable et l’information sur internet est globalement dangereuse.

  4. A partir de la quarantaine, ton niveau de testostérone va baisser et comme tous les hommes ton aromatase va devenir progressivement déficiente. Tu verras certainement ton travestissement sous un autre jour (ce n’est pas le hasard si beaucoup de trans sortent du placard après 40 ans).

    Bises.

      • L’article parle de, je cite « avec l’âge qui avance ».

        40 ans est un ordre de grandeur. Différentes hormones commencent à se dégrader dès 25 ans. ça donne des golfs, des calvities, de la bedaine, de la ginécomastie, de la glycémie, moins de libido, …

        Et 40 ans, ça arrive (trop) vite. Comme un souffle :).

        Pour en revenir au sujet, de nombreuses témoignages montrent que toutes les travestiEs ne font pas de transition mais que toutes celles qui ont fait une transition tardive se sont travestis 😛

        Et c’est pas grave de faire une transition. La transidentité n’est pas une maladie mentale. Beaucoup le vivent comme le début d’une seconde vie.

        Et c’est juste mon avis, après pas mal d’étude perso sur les hormones et leurs effets, je ne peux m’empêcher de corréler les transitions tardives à des modifications du ratio testostérone/estrogène qui touchent tous les hommes vers la 40aine.

        Pour les contingences diverses dont familiales, malheureusement certainEs sont obligéEs d’attendre jusqu’à la retraite avec une vie psychologique très difficile.

        Bises.

        • Ça aussi c’est un sujet intéressant. Sans parler forcément de transition, mais l’évolution du travestissement avec l’âge est souvent significative : sortir du dehors, le besoin de faire des rencontres …

  5. Deux tiers ? De ton temps libre, tu veux dire ? C’est vrai que pendant un moment je passais pas mal de temps sur Myspace et toussa, ce qui me bouffait quelques heures par ci par là… mais les deux tiers ? Wow.
    Il faut surtout ajouter le couple comme variable. Être célibataire confère beauuuucoup de temps libre, ce qui n’est fichtrement pas le cas de la vie à deux. Te mettre en couple et entamer une vie familiale modifierait radicalement le post ci-dessus, et l’annulerait certainement. Mais vu que tu n’es parles strictement jamais j’imagine que ce n’est pas dans tes plans.

  6. Comme toi, à l’âge de 28 ans, célibataire, j’ai commencé à me poser des questions sur une éventuelle transition. Je voyais une psychiatre à l’époque assez compétente qui m’a poussé dans cette voie (il faut tout de même que je précise que je ne la voyais pas spécialement pour ça). Faut dire que j’étais convaincante vu que j’allais la voir quelques fois habillée « normalement » en femme.
    Mais finalement je n’ai jamais été plus loin que ça. En effet à un moment j’ai dû choisir entre ma vie et une nouvelle, c’est à dire tout plaquer pour tout recommencer. Évidemment quitter son boulot (j’aurai vraiment pas eu le choix), où être virer cela aurait engendrer plus de problème que changer de vie, car malgré tout sans argent on est pas grand chose, et trouver un emploi (qui nous correspond) à cette époque, pour un transsexuel… déjà que maintenant c’est pas évident.
    Bref le fait de ne pas vouloir sauter le pas m’a disqualifié en quelque sorte.
    Aujourd’hui je ne regrette pas ce choix, mais j’aimerai je me demande parfois si les trans sont vraiment heureuses comme elles sont, si ça valait vraiment le coup, sans langue de bois.
    Voilà pour mon expérience.

    • Merci pour ton témoignage Mokoto.
      C’est vrai que l’aspect social (boulot et l’entourage) est un vrai frein. Je pense que je serai dans la même situation que toi, avec un boulot confortable, mais dans lequel une transition est difficile..
      Ta question finale est intéressante. Tu peux être enfin en équilibre avec toi même, mais si ta vie sociale est devenue difficile, est-ce que tout cela est valable ?

  7. De retour deux jours passés à DINARD,je me connecte et
    trouve ton article sur les limites du travestissement …
    Quelle intelligence de poser la question !On ne se la pose
    pas … et pourtant quelle pertinence !Je n’ai pas de
    réponse ! mais les éléments de réponse sont très intéressants, quel bon niveau que votre site ! bravo et
    merci ! Rire, s’amuser, jouer, profiter, se faire peur,
    jouir, se faire plaisir, sans faire de mal à qui que ce soit, ok, mais … se remettre en question, réfléchir,
    quelle richesse … avançons en ce sens…

  8. I have discovered you as Nina, and liked you since the first time. Nina is a beautiful girl that I would love to have by my side. Then, with time, I discovered the amazing, wonderful, smart, creative, talented person who’s Nina and that’s for sure a special person who’s really nice to be in touch with.
    So, even if you are the amazing Nina to me, I like the full spectrum of your personality.
    I’m so glad and happy that we became friend.

  9. Coucou Nina,

    Je conçois la transition comme un soin pour un mieux être
    face à une souffrance. Pour une démarche purement artistique,
    du coup, le vrai challenge est de faire sans non ? 😉

    Mais bon, comme je vois que ta plaquette est déjà entamée 😛

    Bisous,

    Véro

  10. Hello,

    Pour moi, et ce n’est que mon avis, il n’y a qu’une seul question a se posé. Es ce que l’on ressent le besoin de devenirs femme sur tout les points que cela implique (Psychologique, esthétique, ext). Le reste n’est que secondaire, mais il faut être prête a assumer les conséquence socio-professionnelle. C’est un chois égoïste de changer de sexe, mais pour moi, si cela permet de trouver une harmonie entre le corps et l’esprit, le reste ne serra que des dommage collatéraux.

    Je ne dit pas non plus et bien loin de laque la transition est un recoure a tout problèmes et il ne faut pas s’y lancer a la légère.

      • Il n’est pas question ici de les minimiser, bien au contraire, il faut bien les prendre en compte mais il ne faut surtout pas les laisser empêcher sur notre bien être car pour moi notre bien être est la choses la plus importente.

      • bonjour nina, une des limites évidentes du changement de sexe sont les éventuelles conséquences sur la santé de la prise de médicaments sur de longues périodes et leurs effets secondaires inévitables. Utiliser des médicaments pour se soigner quant on est malade est une chose, en prendre pour se lancer dans une aventure comme la transsexualité en est une autre.Dans les commentaires que je lis , cette question est peu abordée , est ce que la médecine à le recul nécessaire sur ce type de traitement ? La santé est un précieux cadeau dans l’ existence, le modeste conseil que je peux te donner est de prendre soin de toi. Bien amicalement .Michelle

  11. Il ne reste qu’un commentaire à formuler pour que cet article entre dans le top 4 des billets les plus populaires. À votre bon flood, mesdames. Et pour une fois que c’est pas un billet où on s’engueule, ça fait plaisir.

    • C’est fait. L’article le mérite et je vois qu’il est possible de commenter sur votre site sans se faire flinguer direct (il m’a fallut quand même éviter une balle, mais j’ai pris du plomb sous mes cheveux). cool :D, je repasserais :P.

      Bises!

  12. Bonjour Nina,
    Sujet très intéressant, car je me suis toujours demandé comment Nina ne pouvait pas exister plus dans ta vie de tous les jours, aux vues de tous tes sujets et le temps consacré qui va avec.
    Mais la question a se poser n’est elle pas (sujet de bac de philo l’an prochain)  »Nina ne permet elle pas de vivre dans un monde et s’évader du monde réel pour vivre d’autres expériences »
    La fin de ton post me fait dire que Nina est aussi une passion de ton côté homme, la recherche de la femme parfaite (et la de loin NINA est une très belle réussite).
    Passer du côté à 100% ne doit pas se faire à la légère non plus, car il va s’agir d’une renaissance ensuite et donc tout recréer.
    Tes followers ne seront plus la pour te motiver car tu seras malheureusement devenue  »une femme » et plus la NINA qui est admirée pour sa grace et son implication dans ses sujets.
    Comme je te l’avais déjà écrit sur ton site, suis ton instinct mais fais le pour ton bonheur et non car cela est une passion. Si dans tes pensées la femme en toi prend le dessus alors peut être que cela sera le moment, par contre fais toi aimer pour ce que tu es à l’intérieur et non pour Nina ou Kevin, car l’intérieur ne se subit pas la transition.
    Bon nombre d’hommes ont un côté féminin enfouit et le vivent bien.
    A bientôt

    • Serge, je suis parfaitement en accord avec ton analyse
      lucide, claire et positive ! Dieu que cela est sensé, calme,et intelligent … je ne pourrai pas écrire mieux,
      je souscris parfaitement.
      Oui, bon nombre d’hommes ont un coté féminin enfoui et le
      vivent bien, j’en suis …
      Vive NINA ! et vive SERGE !

    • Merci pour cette petite analyse pertinente. Je ne pense pas spécialement que Nina permet de m’évader dans un autre monde, car je suis la même personne en Nina, qu’en Kevin. A une époque je parlais de faire vivre un autre personnage, mais ce n’est pas mon truc, je ne sais pas faire, alors autant rester authentique avec mes qualités et défauts.
      Je me fessais la même remarque que toi sur la « perte des followers » quand tu fais une transition, mais plusieurs cas me font dire le contraire en France nous avons Lolita qui est énormément suivie. Et au Etats-unis, il y a Kayla Autumn Ward qui a réussie par exemple une compagne de crowdfunding pour se faire une chirurgie de la poitrine.
      En tout cas merci encore pour tes conseils. 😉

  13. This is a very interesting article. I’ve always been amazed at how well you’ve developed as a girl in the time that you’ve been doing this and how you are constantly pushing yourself to improve and become more beautiful and naturally feminine. It’s interesting to read that you are spending a lot more time as Nina. I don’t know how far you would go with this, but that would depend on what it means to you, if it’s a fun hobby that takes up a lot of your time and introduces you to new friends, or if it’s a different lifestyle. I know some girls have felt this way from an early age throughout their whole lives and have hated having to be a boy. It seems like it’s more fun for you to be a girl rather than a boy, and it seems to have some advantages. I’m curious, but do you sometimes feel disappointed when real life responsibilities need you to be a boy? Do you feel more comfortable as Nina?

    Anyway, it may be confusing to think where everything will be going in the future, but for now it’s nice to see you enjoy doing what you love.

    • If I had not my work and my family which requires me to be a boy. I think that I’ll remain still a boy, everything is simpler and I like this too.
      To tell the truth, I would like get closer a look of every day much more androgynous. A mix between the boy and the girl and when I want to become a complete girl it will be even easier.
      In any case, thank you for your advice.

  14. C’est marrant. J’ai justement eu cette discussion avec ma femme aujourd’hui même…

    – Et tu veux devenir femme ?
    – Euh… non… Enfin, pas pour le moment.
    – …

    40 ans, des charges familiales loin d’être en déclin. Pour moi le travestissement est un jeu.
    Mais les choses auraient certainement été différentes si je n’avais pas fondé une famille…

      • « Car voilà bien une constante également, on est jamais sûr de rien. »
        C’est peut être ça la réponse à retenir finalement. 😉

        Dans un autre registre, je dois confier que je suis un peu déroutée par l’approche quasi « technique » qui découle presque toujours de ces questions… de coeur. Je dois être un peu limitée car j’ai du mal à vous suivre sur ce terrain. lol

        J’ai adoré le post d’Emma.

        Quand à la question initiale, je dirais que si l’on écarte les incertitudes de l’avenir, tu y réponds largement! Ça ramène à la première phrase ça non?
        🙂

        • Une approche technique ?
          C’est des réflexions personnelles, je vois pas comment je peux être technique. C’est même plutôt intime et ça me fait un peu mal de voir ma démarche considéré ainsi. J’ai beau me relire, je n’ai pas d’approche froide, du genre : si tu fais ça + tu pense ça = tu es comme ça.

  15. C’est marrant que tu poste ce billet, j’avais justement envie d’ouvrir un sujet de ce type sur le forum.

    En fait, je me rend compte qu’on est tous, toutes, à se poser des questions en permanence. De mon côté, je pensais être clair dans ma tête, mais mon coming out et tous les questions et jugements qui vont avec re-foutent un peu le bordel dans mes pensées.

    Etre « entre-deux », c’est ce qui rend compliqué aussi de l’expliquer aux personnes extérieures, car on est en réflexion constante, finalement jamais sûr de rien (même si parfois on dit le contraire)
    D’expliquer qu’on aime jouer à être une fille de temps en temps, mais qu’on a pas forcément envie d’en devenir une vraiment.

    Finalement, même si ça doit être dur à entendre, il est peut être plus facile pour une personne extérieure de comprendre que quelqu’un veuille être du sexe opposé.
    (Je me trompe peut-être)

  16. Très bel article, merci.
    Beaucoup de réflexions qui me posent question, en ce moment d’ailleurs.

    Je situe plus les limites du travestissement dans le plaisir que tu prends à le faire: Avant d’arriver à cette question de la transition, il y a des moments ou tu satures, tu n’en a plus envie, et ou tu ne trouves plus justement ce plaisir de te transformer. C’est alors le moment de faire autre chose, et ne pas s’inquiéter outre mesure, puisque de toute façon, le plaisir revient un jour ou l’autre…

    La question du look androgyne est également intéressante. se rapprocher d’une apparence féminine sans pour autant le laisser paraitre complètement, être entre les deux, montrer ses deux cotés, c’est aussi le moyen de vivre cette part de nous même toute la journée, et peut-être une ‘transition’ à notre manière??

    • C’est intéressant, ta réaction Sophie.
      C’est vrai qu’il arrive un moment ou l’on a du mal à savoir ce qui nous motive. Le besoin est toujours fort mais la motivation réelle semble difficile à cerner. Plus diffuse mais plus profonde. Et pourtant, nous ne renonçons pas. C’est à ce moment là que l’idée de la transition se pose peut être.

      • Ou le pire…
        Pas vraiment un « mec » (Pas toujours facile à vivre) et nettement moins « affriolante » aux yeux des amateurs et peut être des tiens. C’est un choix qui a le mérite de faire patienter mais peut s’avérer lourd à porter au bout d’un moment. Et à ce stade, tu es à un cheveux du coming out. Du reste, les « autres » pourraient conclure que tu as « passé la frontière ». Comme pour les amoureux, il n’y aura que toi pour croire le contraire! lol

  17. Tu écris « C’est en cela que je me sens différent, je prend le travestissement comme un jeu, un challenge et pas pour me sentir moi même » Et la logique de cette évolution conduit finalement a ne plus guère de challenges a avoir: arrivé a ce stade on peut finir par trouver que ça n’est plus aussi interessant ou excitant. J’estime que tant qu’on considère le travestissement comme un JEU ou un CHALLENGE il n’est pas judicieux de prendre des hormones.
    Ce n’est que lorsque cette évolution conduit a se sentir vraiment femme, à penser au féminin de façon habituelle que ça devient pertinent.
    L’autre façon plus simple d’aborder le sujet est de savoir si on continue a trouver un intérêt a sa vie d’homme ou non.

    • parfois aussi le travestissement peut être « dangereux », comme disait « la denrée » …
      non sérieusement, je le pense tant et si bien qu’aussi longtemps que je me suis juste sentie en décalage avec les autres lors de mon enfance, çà allait encore
      mais dès lors que ce même sentiment m’a « poussée » à me travestir, le travestissement m’a alors donné une image de moi au féminin, physiquement

      et progressivement, l’un a entraîné l’autre et inversement, comme si on donnait alors un petit coup de pouce qui finalement se transforme en un mouvement perpétuel
      ceci dit, pas pour me déplaire
      mais on rejoint la question de « mettre le doigt dedans », et là,… 🙂

  18. essayons d’envisager la réflexion sous un autre angle : limites du travestissement – opposition être/paraître, opposition stricte cependant que j’ai pu constater beaucoup de confusion à propos de ces deux termes en lisant ce blog, confusion que l’on retrouve d’ailleurs dès le départ dans le sous-titre  » de l’art de se travestir « , le travestissement relevant essentiellement de la technique et non de l’art (sur l’opposition technè/ars cf. platon dans le gorgias par exemple) dès lors que le travestissement est clairement circonscrit au domaine du paraître ses limites vont être la résultante des limites de la technique, c’est à dire de l’habileté que chacun sera à même de développer dans le maniement des pinceaux et autres eyeliners, habileté corrélée à une certaine pratique (praxis) et des limites imposées par la nature, cordialement jptv

  19. Je voudrais vous dire que si vous estimez être plus populaire en fille qu’en garçon, cela me semble un leurre, car il y a une grande part de voyeurisme dans l’intérêt porté aux travestis. La personne travestie est pour beaucoup une « bête curieuse », et les gens raffolent d’insolite !
    On est donc très loin de la réelle estime…
    Pour la transition, c’est très lourd tout ça, vous n’aurez plus le plaisir d’être les 2 genres tour à tour.
    Julie Mazens vous a parlé médicalement, un grand bravo à elle, il fallait parler du risque de stérilité dû à la prise d’hormones, sans parler de ceux qui se font carrément « tout enlever ».
    Le souhait d’être parent peut arriver d’une année à l’autre.
    Vous trouverez sans doute un jour une personne soit s’approchant de votre personnalité, soit non limitée et la comprenant.
    En tout cas, il est sidérant que Mokoto soit tombée sur une psychiatre soit-disant « assez compétente » qui se permettait de la pousser vers une transition (de quel droit ?) Allez savoir si ce médecin ne cherchait pas tout simplement un cas passionnant à étudier….. Méfiance.

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