Quelle est votre identité de genre ?

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Quelle est votre identité de genre ? Travesti, t-girl, transsexuelle, queer ? Drag-queen peut-être, cisgenre, genderfluid, et j’en passe ! Qui êtes-vous ? « Qui suis-je ? » Tout le monde s’est posé cette question. « Qui suis-je », c’est même la première question que l’on se pose quand on se travestit. Moi le premier, je me suis demandé : « qui suis-je » et je dois bien avouer que je n’ai toujours pas trouvé de réponse. Mais après tout, à quoi bon se poser la question ; d’ailleurs, existe-t-il une réponse tranchée pour y répondre ?

22 commentaires

  1. Grave, les étiquettes ne mènent à rien, seulement à vouloir se différencier de ses semblables. Nous sommes toutes et tous différent(e)s sur beaucoup d’aspects, mais nous partageons énormément de points communs … et avant toute chose notre humanité. Des valeurs qu’il me semble important de rappeler après ce triste vendredi 13 novembre.

  2. J’ai bien peur qu’il n’y ait pas de réponse à cette question.
    D’autant qu’on peut évoluer. Je ne dis pas que c’est le cas pour tous. Mais nous évoluons sur des sables mouvants et notre perception de nous mêmes fluctue au fil du temps…
    Je ne me sens pas la même personne qu’il y a 2 ans. Et je sens bien que ça évolue encore. Je suis ce que (ou qui ?) je suis. Et carpe diem.

  3. Il faut lire Judith Butler. Pour elle il existe autant de genres différents qu’il existe d’individus. Les notions d’Homme et de Femme sont abstraites et universelles, ce sont des idées sans rapport avec les singularités de chacun. L’un est un peu femme, beaucoup homme ; l’autre autant femme que homme ; tel autre plus femme, très peu homme.

    Personne ne serait un homme et personne ne serait une femme selon elle. Nous serions tous dans une ambiguïté, un flou, une variation entre ces deux termes : homme et femme. C’est pourquoi il faut penser le genre d’une manière plus large, plus flou.

    Le genre est variable, il ne peut pas être défini, fixé une fois pour toutes dans une seule définition, ou deux: homme ou femme.

    L’identité doit relevé du vécu ; pas de la pensée, pas d’une définition, car alors on bascule dans l’abstraction, dans la norme, dans une aliénation. Pour être vraiment « soi », il faut arrêter de « se penser », il faut s’approcher au plus près de ce que l’on ressent. Les définitions que produits la pensée nient les singularité, nous y identifier nous éloigne de nous-mêmes. La pensée nous inclire à construire une image de soi qui n’est pas celle que nous désirons, elle est celle que notre environnement veut que nous ayons de nous-mêmes.

  4. Merci Julien pour la référence furtive au papa-poule. Cette étiquette-là me colle à la peau depuis… la plus grande partie de ma vie. Je l’aime et je la garde.
    Et comme l’ont tragiquement souligné des évènements récents, ce n’est pas plus dangereux de marcher dans Paris en étant soi-même en tenue transgenre que d’aller prendre un pot un vendredi soir près du canal Saint-Martin ou d’assister à un concert au Bataclan.
    Julien et Kevin, si vous venez à Paris, faites-moi signe, et faites-vous belles, nous irons nous promener ensemble dans les rues et nous aurons tout le temps de discuter des différents aspects de la transidentité.

  5. En gros si je comprends bien je suis une … Petite Sophie ? 🙂
    C’est vrai que cette manie de mettre les gens dans des cases est parfois pénible surtout que comme tu l’expliques bien cela sous-entend qu’il y aurait des transgenres de première classe, de seconde et ainsi de suite. Si quelqu’un arrive a trouver son bonheur d’une certaine façon pourquoi aurait-il à se justifier ?
    ps : il est puissant ton projo à led. 😉

  6. Je nuancerais sur un point.

    Dans la communauté transgenre, Il y a celles qui empruntent leur chemin personnel mais « définitif » vers la féminité et qui perdent leurs privilèges masculins définitivement (avec souvent des conséquences sur leur vie en terme d’emploi, de logement, de sexisme …). Je vous renvoie aux luttes féministes pour l’égalité.

    Bises.

  7. Bonjour,

    Je vous remercie pour votre vidéo et l’immense crise de rire (larmes insides) que vous avez suscité avec le passage « gender fluide »
    J’ai 43 ans, je suis quelque part entre les 2 genres, et, depuis un premier passage chez un Psy spécialisé de Montpellier (Génialissime soit dit en passant) la prise de conscience est violente et déstabilisante…

    Bises à vous toute !

  8. Bon je suis désolée de faire ma mauvaise élève mais je n’adhère toujours pas à cette définition « fluide », sans définition de la communauté T!
    Je comprend totalement le besoin de certain.e.s de se placer dans une non-binarité mais ce n’est pas le cas de certains qui justement se place viscéralement dans le genre opposé.
    Certains (donc moi effectivement) on besoin de se donner une définition, se classer afin d’expliquer qui l’on est à ses proches afin qu’ils puissent à leur tour comprendre notre démarche. Certes qu’ils ne comprennent pas tous est logique et je peux choisir de ne pas être totalement binaire mais c’est mon choix et de donner une définition est aussi un moyen de se comprendre… Ne pas se définir c »est l’assurance d’être rejeté.
    Je ferai le douloureux parallèle entre l’islam et le salafiste radical: si on met tous les musulmans dans la même case, je te laisse imaginer les amalgames…

    • Je ne pense pas que Julien ait dit qu’il ne fallait pas chercher à se définir, mais qu’il était assez périlleux de se définir par rapport à des termes utilisés dans le monde T (comme fluide). Ces termes n’ont pas de définitions clairs, et n’ont surtout pas de limites claires.

      Autant décrire qui l’on est, plutôt que d’essayer d’utiliser un maximum de mot du dictionnaire T. D’autant plus si c’est pour l’expliquer à des proches.

      Si je dis à mon père que je suis plutôt fluide, il va me rétorquer qu’il savait que je préfèrai Fluide Glaciale au canard enchaîné.

  9. Le problème est peut-être le suivant. Pour exister socialement dans notre monde, il faut une étiquette ; notre identité, pour avoir une valeur « sociale », pour donner droit à un statut, a besoin d’être définie, ce qui veut dire qu’il faut que tous nous puissions réduire ce que nous sommes en société à des mots, à ceux qui sont à notre disponibilité pour le faire. Et que ces mots donne le sens de ce que l’on est en société.

    Cette définition qui produit une étiquette a essentiellement un but pratique, libre à nous ensuite d’identifier ou pas notre « vrai soi » à cette étiquette et de nous définir uniquement dans ce que dit cette étiquette. Mais on peut aussi bien se découvrir, se construire, par delà une étiquette, dans notre féminité et dans notre masculinité propres. On peut même questionner la possibilité d’être un « soi », cela n’a rien d’évident !

    Mais le « soi » s’il en existe un ne pourra jamais se fondre dans le moule d’une notion, d’un terme : homme ou femme. Que la plupart des individus essayent d’incarner un genre, que notre identité sexuelle soit congruente ou pas avec lui, est peut être après tout ce qui perpétue la tyrannie du genre. Pour avancer socialement et politiquement dans le genre, ne faudrait-il pas renoncer à l’uniformité des étiquettes, renoncer au besoin social d’une étiquette ou l’autre. Alors, le fait d’être féminin(e) serait dissocié de celui d’être femme. Être femme est beaucoup plus compliqué qu’être « féminin(e) ». Exprimer sa féminité, simplement, quelque soit le corps qu’on a, est-ce possible ? Ca l’ait sûrement si on parvient à dépasser certaines significations qu’on donne au corps. Aucun gène ne dit que pour être féminine il faut avoir une poitrine. Cet impératif, s’il en est un, n’est que social.

  10. Il me semble que c’est le rapport aux autres qui définit le soi, dans la mesure où on ne peut pas vivre uniquement pour soi ni évoluer sans ce rapport aux autres. Mon individualité unisexe n’est pas perceptible au premier abord sachant que native, elle est intériorisée, faite d’une sensibilité qu’à l’usage on qualifiera de féminine ou que, dans une moindre mesure, on reliera à une part féminine affirmée.

    Face à cela, deux possibilités : l’acceptation, on me prend comme je suis, ou le rejet, ouvertement exprimé (plus fréquemment chez les hommes) ou plus nuancé (chez les femmes attachées à une image virile de l’homme), lorsque l’amalgame sera opéré entre mon individualité unisexe et une homosexualité supposée.

    Je m’épanouis en tant qu’ellui parmi celles et ceux qui me reconnaissent en tant qu’ellui, tout en reconnaissant qu’à ce jour le fait d’être ellui m’a posé énormément de problèmes dans ma quête d’une vie de couple équilibrée et dans l’expression de ma sexualité – mon désir et ma fantasmatique m’inclinant aux femmes, et celles-ci étant très souvent déstabilisées devant ce qu’elles qualifient chez moi d' »ambivalence ».

    Nous sommes de par notre nature enclinEs à rejeter les conditionnements qui lient sexes et genres et les cloisonnent dans des étiquettes et des types de comportements. Mais l’écrasante majorité de nos (dis?)semblables continuent d’adhérer à ces conditionnements, surtout parmi les générations aînées. Croyez bien qu’il n’est pas facile d’être ellui à l’âge mûr, et que cela pose d’énormes problèmes interpersonnels.

  11. bonjour ellui. je me sens totalement en empathie avec vous car je suis de même nature. Je suis resté longtemps sans l’avoir analysé. Ma personnalité s’est développé en cachant cette réalité aux autres. ce n’est que très récemment que j’ai découvert la transidentité, son monde, son existence. Je vous comprends parfaitement.

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