En discutant de transidentité avec des personnes non-initiées, il est parfois difficile de faire entendre son raisonnement. Dès qu’il s’agit du genre, il existe un argument catégorique qui vous a peut-être déjà déstabilisé(e) : « on est soit homme, soit femme selon ce que la nature fournit ; point ». La réalité n’est pas si simple et, pour le faire comprendre, d’autres exemples sont légitimes. Voici les miens.

Tout n’est pas noir ou blanc

Il y a le noir. Il y a le blanc. Entre deux, il y a des milliers de nuances de gris. D’ailleurs, il y a la blanc cassé, l’albâtre, l’écru, l’ivoire, le blanc de plomb ou le blanc de Troyes. Il y a le jais, l’ébène, le noir d’encre, le noir d’aniline, le brou de noix ou l’aile de corbeau. Il y a la quadrichromie où le blanc est « produit » par l’absence des quatre couleurs de base. En RVB, cependant, c’est la synthèse additive des couleurs primaires à leur intensité maximale qui donne le blanc. Et pour le noir, c’est tout l’inverse !

Entre le noir et le blanc, il existe une infinité de nuances, de teintes, de techniques, de symboles et de représentations. Tout n’est pas noir ou blanc.

Sucré-salé

Il y a le sucre. Il y a le sel. Entre deux, il y a des milliers de saveurs. On peut aimer le sucre quand l’aliment est acide, comme on peut le préférer quand il est amer. Tout pareil pour le salé, à propos. Il existe même une cinquième saveur de base, l’umami, qui regroupe par exemple l’asperge, la pizza, le ketchup ou le roquefort. Il y a des recettes qui mélangent le sel et le sucre ; parfois une pincée de l’un ou l’autre, parfois un mélange équilibré, subtil et délicieux !

Entre le sucre et le sel, il existe une infinité de goûts, d’odeurs, de dosages, de recettes et de plats. Tout n’est pas sucré ou salé.

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Il y a le « zéro ». Il y a le « un ». Dans un système binaire, le 0 représente l’état bas soit le courant nul, tandis que le 1 est l’état haut, soit le courant qui passe. En arithmétique, le 0 peut être neutre pour l’addition comme il devient enrobant pour la multiplication. Le 1, lui, peut-être un nombre aussi bien positif que négatif. Dans l’art, on peut aussi numéroter un tome, un volet ou un épisode canonique à l’aide d’un 0, qui lui donne une valeur aussi importante que n’importe quel autre nombre.

Il y a aussi la décimale, qui rend possibles les valeurs entre 0 et 1. Mieux que ça : il existe même une infinité de valeurs entre 0 et 1.

Femme, homme et entre-deux

De la femme à l’homme, il existe également une infinité de nuances, de mélanges et de valeurs. Il y a la femme. Il y a l’homme. Entre deux, il existe une infinité d’identité de genres : il y a les femmes qui souhaitent être plus féminines et les hommes plus masculins. Il y a les hommes qui se sentent femme et vice-versa. Il y a des femmes plutôt masculines mais que ça ne dérange pas. Il y a aussi des hommes qui ne souhaitent être femme qu’à temps partiel.

On a tendance à catégoriser la femme et l’homme, ce qui a du sens d’un point de vue anatomique. Question genre, cela ne tient pas : il existe autant d’identités de genre qu’il n’existe d’individus. S’il est possible de le comprendre pour la couleur, le goût et les mathématiques, qu’est-ce qui rend la transidentité si difficile à appréhender ? Ouvrez vos chakras et pensez-y ! Peut-être que vous saurez vous positionner quelque part, entre la femme et l’homme.

15 commentaires

  1. C’est là tout le problème de notre éducation, de notre société plus globalement où les hommes et les femmes sont toujours distincts : à l’école, dans le sport, aux toilettes, au travail, dans de nombreux produits, etc. En fait dans presque tous les domaines de la société, la binarité homme et femme existe. C’est devenu un code, qui demande un certain effort pour être cassé.

  2. Le binarisme est une manière simpliste d’envisager les relations sociales. Il correspond à la paresse que nous mettons dans les rapports humains.

  3. Bonjour,
    J’ai lu un science et vie y a pas longtemps qui parlaient des différences homme/femme. Chaque personne peux définir son sexe de 5 façons différentes mais qui ne donne pas toujours le même résultat:
    – le sexe génétique: normalement, c’est XX pour les femmes et XY pour les hommes, sauf qu’il existe des femmes avec des chromosome XY et des hommes avec des chromosome XX. La génétique dit alors l’inverse de l’anatomie.
    -le sexe hormonale: le taux de testostérone est plus élevé chez les hommes (produit pas les testicules principalement) que chez les femmes. Pourtant, certaines femmes ont naturellement des taux de testostérone équivalent aux hommes sans dopage (ce qui pose un gros souci dans le domaine du sport avec les contrôles anti dopage) et des hommes avec un taux de testostérone naturellement très bas, équivalent à celui d’une femme.
    – le sexe anatomique: celui qui sert de référence à l’état
    – le sexe psychique: est le sexe qui se forme à la naissance quand l’enfant va construire son image mentale de lui même. En fonction de comment se passe les différentes étapes du complexe d’oedipe, un enfant peu s’identifié au opposé à son sexe anatomique. Il se sent alors étranger a son propre corps de manière plus ou moins profonde.
    – le sexe de genre: sexe attribué par la pression sociétal pour caser chaque enfant dans une case. Autrement dit, le sexe de genre, est il acquis ou innée? question complexe.

    Dans la majorité des cas, les 5 sexes donnent la même réponse, mais pas chez tout le monde 🙂 Comme quoi, la question garçon ou fille est loin d’être aussi simple que la réduction qu’en fait l’état.

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