Faire son coming out professionnel

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À l’occasion d’un barbecue dans la Cité des Papes, c’était il y a deux ans déjà, Amandyne me racontait une histoire, que dis-je, une légende capable de faire rêver tous les travestis du pays : il s’agissait d’un employé de Carrefour – profitez car on cite rarement le groupe pour en écrire du bien – qui avait réclamé à ses chefs la possibilité de travailler « en femme ». Ces derniers n’ayant pas d’objection à formuler, notre cher travesti enfilait tous les matins la robe ou la jupe de son choix puisque passer le balai (c’était sa tâche) tout pomponné ne dérangeait a priori personne. « Je reprendrais bien une merguez », conclut-il, avant de reprendre la route vers de nouvelles aventures.

Travailler « en femme » est une douce chimère que les travestis cultivent en secret. Je connais bien des agents de sécurité ou des commerciaux en agroalimentaire qui enfilent une paire de collants Gabriella sous leurs costumes bien repassés. Mais travailler en jupette reste de l’ordre de la fiction pour la majorité d’entre nous. Car avant de s’imaginer en ballerines sur un chantier, il faut fatalement passer par la case coming out. Dans la bulle personnelle, cela ne concerne – le plus souvent – que la famille et quelques amis. Dans la sphère professionnelle, en revanche, cela s’applique souvent aux employeurs, aux collègues de travail et même à la clientèle ou au public selon la structure pour laquelle vous œuvrez. Il est alors légitime de se demander si un coming out professionnel présente un quelconque intérêt pour vous, en dehors du port du pagne. Celui-ci ne risque-t-il pas d’entacher vos relations professionnelles ? C’est un danger dont on se passerait volontiers sur un marché du travail aussi tendu. On en parle ?

Lorsqu’il s’agit d’entrer dans le moule…

Maintenir de bonnes relations humaines au travail est essentiel, surtout lorsqu’on n’œuvre pas à son compte, encore plus lorsqu’on n’a pas de contrat pérenne. Pour éviter de subir quelque ségrégation, il est souvent préférable « d’omettre » certains détails. Le lieu de travail est particulièrement propice au harcèlement à caractère homophobe et à la discrimination. Hélas, on connaît tous cette secrétaire ou cet assistant des ressources humaines qui froissent et jettent les curricula vitæ à consonance orientale. C’est révoltant, c’est illégal, mais cela existe bel et bien. Sur des sujets aussi intimes que le genre, il faut également utiliser beaucoup de pincettes. À titre personnel, je me suis déjà vu refuser un poste parce que XXY.fr figurait sur mon CV – enfin, c’était un recrutement du diocèse, en même temps. La direction des ressources humaines avait accepté ma candidature après plusieurs entretiens et travaux d’exemple mais autant écrire que l’évêque a quelque peu bloqué sur mon cas. Je ne veux bien évidemment pas donner l’alerte rouge, puisque si mon CV m’a fermé une porte, il m’en a ouvert beaucoup d’autres !

Mon nouvel associé : Pixel, doctorant en cartonnage.
Quelles sont vos qualités pour ce poste, monsieur Leminoux ?

Au-delà de la discrimination, il est aussi probable que vous soyez du genre à nettement séparer la vie professionnelle de la sphère privée, c’est tout à fait compréhensible. « Ne pas mélanger les histoires de fesses et le business », comme le décrit un bon ami, est une clé de réussite pour travailler en équipe. Au contraire, j’ai tendance à penser que créer des liens d’amitié permet un meilleur travail de groupe, mais après, ça se discute et ça dépend aussi du métier. En tout cas, si le cœur n’est pas aux relations amicales, il n’y a effectivement pas forcément de bonne raison pour entamer un coming out… Si ce n’est dans le cas où l’envie de travailler en femme devenait effectivement irrésistible ou dans la situation d’une transition, où il est fatalement impossible d’y couper.

L’avis d’une experte en recrutement

Pour vous donner un avis extérieur à la communauté transgenre, j’ai contacté Anne-Cécile, spécialiste en recrutement et en ressources humaines, afin de lui demander quelques conseils sur un coming out professionnel. À sa demande et dans un souci d’anonymat, j’ai volontairement modifié son prénom.

avatarJulien : Bonjour, Anne-Cécile et merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

acAnne-Cécile : J’ai occupé plusieurs postes en gestion des ressources humaines dans le secteur associatif et en entreprise. J’ai eu l’occasion de faire du recrutement. Aujourd’hui, j’accompagne des personnes en insertion professionnelle.

avatarAs-tu déjà connu des cas de recrutement ou d’insertion où un coming out était une vraie problématique du CV ?

acNon, cette situation ne s’est jamais présentée.

avatarAujourd’hui, penses-tu que le fait d’être un travesti « déclaré » ait une influence dans le monde du travail ?

acPour l’influence dans le monde du travail, il est difficile de faire une réponse globale et catégorique car chaque situation est différente. Néanmoins, nous sommes dans un contexte économique tendu, et les recruteurs sont très vigilants lors des recrutements, car un erreur coûte cher. La plupart des recruteurs ne voudront pas prendre de risque. Or, le travestissement véhicule de nombreuses représentations et peut engendrer des craintes chez le recruteur : “le candidat va-t-il se présenter travesti dans mon entreprise ? Qu’est-ce que ça va entraîner en terme de relation avec sa hiérarchie, ses collègues, avec nos clients, nos fournisseurs” ?

Un entretien d’embauche est fait pour échanger sur les compétences dont le savoir-être fait partie, le recruteur y accordera beaucoup d’importance. Il me parait donc risqué d’en parler en recrutement. Par ailleurs, cela me parait relever de la vie privée. Si le travestissement n’a aucune influence sur la manière d’exercer son activité professionnelle, je pense qu’il n’y a pas lieu d’en parler.

Dans tous les cas, il faut éviter de tomber dans un débat militant ou idéologique autour de ces questions, car ce n’est absolument pas le lieu de l’entretien.

avatarUn employé est-il protégé, suite à un coming out, face à d’éventuelles pressions ou discriminations ?

acToute décision de l’employeur (embauche, promotion, sanctions, mutation, licenciement, formation) doit être prise en fonction de critères professionnels et non sur des considérations d’ordre personnel, fondées sur des éléments extérieurs au travail (sexe, religion, apparence physique, nationalité, vie privée, mœurs, orientation sexuelles…). À défaut, des sanctions civiles et pénales sont encourues (voir l’article L. 1132-1 du code du travail). Mais en la matière, apporter la preuve n’est pas forcément facile. Pour plus de détails sur la protection des salariés, il vaut mieux poser la question à un juriste.

avatarQuels conseils donnerais-tu à une personne qui souhaite absolument faire son coming out à sa direction ?

acEn cas de souhait d’une personne de faire son coming out à sa direction, je conseille de faire preuve de discernement et de bon sens pour adapter la présentation des faits et le moment de l’annonce au contexte et à l’interlocuteur. Dans tous les cas, pour être bien accepté, il faut faire la preuve que la compétence et l’engagement professionnel restent intacts.

« Je me présente, Julien, chargé de communication et travesti de service »

Après avoir miné le moral de la moitié des internautes, discutons de choses plus gaies. Il existe bien évidemment des tas de structures où il est possible de faire son coming out et il y a beaucoup de bonnes raisons de le faire :

  • votre pôle de compétence est parfois affilié à votre talent de travesti,
  • vous souhaitez que vos collègues vous connaissent mieux et sans ambiguïté,
  • vous avez peut-être besoin ou envie de porter des effets féminins au bureau, tout bêtement.

En ce qui me concerne, XXY.fr et xDressing.fr sont tous les deux mentionnés sur mon curriculum vitæ, puisque ce sont de bons exemples sur mes compétences en communication. Honnêtement, je peux vous assurer que l’un et l’autre m’ont permis de pousser de nombreuses portes. Grâce à eux, j’ai eu la chance de passer un entretien avec jeuxvideo.com, par exemple. Et pour tout vous dire, l’un de mes employeurs actuels était assez dubitatif quant à me recruter jusqu’à ce que je lui présente les sites ; il a tout de suite été séduit. Quant à ma rédactrice-en-chef de mon second emploi, elle a des engagements féministes : autant vous dire qu’elle ne pouvait pas rester perplexe face à un blog qui prône l’égalité des sexes.

Mais on peut très bien imaginer que vos activités de travesti soient la vitrine de compétences rares chez un homme qui postule, pêle-mêle, dans un salon de coiffure, en tant que comédien, dans un institut de beauté, comme photographe et plein d’autres choses. Après, n’oublions pas que le  curriculum vitæ porte très mal son nom, puisqu’il s’agit d’exposer ses compétences et non de décrire son « chemin de vie ».

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xDressing.fr et XXY.fr sont mentionnés sur le CV pour exposer des compétences ; absolument pas pour “militer” !

Travail et liberté

Comme je l’écrivais plus tôt, le coming out sert aussi et surtout à désamorcer les relations ambiguës et les questions gênantes que l’on vous pourrait vous poser. Comme pour le coming out familial, c’est un sacré poids qui s’envole quand il n’y a plus besoin d’expliquer l’épilation parfaite de vos avant-bras ou la longueur de vos ongles, par exemple. Mais sachez que si la plupart de vos collègues de travail et de vos employeurs n’auront pas forcément d’a priori sur votre double-vie, il reste encore un monde avant que l’on puisse purement et simplement venir travailler dans la robe de son choix. Croyez-moi, cela n’est que rarement dû à l’intolérance ou à l’incompréhension de vos supérieurs ; c’est hélas bien souvent pour l’image de l’établissement que ça « dérange ».

C’est évident, il est impossible de travailler « en femme » dans tous les métiers. Comme il n’est pas possible de porter un survêtement quand on est réceptionniste, comme il serait mal vu de porter un t-shirt Eleven chez le Temps des Cerises, comme on impose le pantalon noir chez les employés d’Intermarché, comme… Les exemples ne manquent pas. Mais ne perdez pas espoir, il existe des tas de métiers où se faire un joli brushing est plus qu’envisageable, même dans des métiers que l’on considère comme masculin. Cela me rappelle le témoignage d’une amie sur le forum qui travaille dans le bâtiment, et qui nous expliquait, je cite :

« Vendredi matin, réunion sécurité de tout le personnel de mon entreprise. J’y suis allé avec mes vêtements féminins de tous les jours, soutien-gorge sous mon t-shirt de fille, skinny, ballerines à fleurs, brushing, maquillage, bijoux, etc. Eh bien, aucun commentaire. Soit les gens parlent dans mon dos, soit ils s’en foutent royalement, ce qui revient au même, finalement. Je crois que pour qu’ils réagissent, il faudrait que je porte une jupe… Et encore, ce n’est pas sûr que ça marche… »

Les ongles d’Alex

Pour conclure, j’aimerais vous proposer un entretien avec notre ami Alex, que vous connaissez sans doute sous le pseudonyme de Résonancia. Loin des clichés habituels « du travesti et du rituel de transformation », Alex vit sa transidentité au quotidien, en mélangeant les genres et en important tout ce qui lui plaît chez les femmes. Du coup, son apparence unique a fini par s’immiscer dans sa vie professionnelle.

avatarJulien : Bonjour Alex et merci, tout d’abord, d’avoir accepté de répondre à ce questionnaire ! Avant tout, est-ce que tu peux u nous présenter en quelques mots ton métier ?

resoAlex : Salutations, chers membres et lecteurs de XXY.fr ! C’est toujours un plaisir pour moi de pouvoir partager avec vous mes expériences, et de contribuer à faire évoluer les mentalités tous ensemble. Au niveau professionnel, je suis actuellement « technicien de maintenance multi-services ». Cela consiste à opérer sur des installations techniques lors de maintenances, travaux et dépannages sur des supports divers. Autant vous dire que je touche à beaucoup de corps de métiers tels que la plomberie, l’électricité, l’informatique, la serrurerie et bien d’autres. Plus simplement, lorsque l’on me demande ce que je fais, je dis souvent que je peux passer un coup de balai comme réarmer une cellule haute tension… Tout un programme !

avatarAlors comme ça, tu as fait ton coming out au travail. Pourquoi était-ce important, pour toi ?

resoEffectivement, j’ai réalisé mon coming out au travail. Cela s’est déroulé en deux temps : de façon passive dans un premier temps et de façon active ensuite. La plupart, voire tous les hommes liés à l’attachement de vivre leur féminité, se sont posés cette fameuse question : est-il possible d’assumer ses envies personnelles au sein d’une entreprise de l’État ou du privé sans devoir soulever des problématiques risquées et liées au personnel ? La méthodologie à suivre a été, pour ma part, réfléchie quotidiennement, au fur et à mesure que mûrissaient mes envies « d’être » au niveau esthétique, mais aussi via l’observation de mes collègues en fonction de l’évolution des changements subtils de leurs attitudes et qui devenaient de plus en plus flagrants par la suite. Il était alors d’une importance moindre de devoir m’expliquer au début, puis avec le temps, la nécessite de le faire s’est faite d’elle-même. Soyez rassuré(e)s, ce n’était pas pour rendre des comptes !

avatarComment tes collègues, ta hiérarchie et peut-être même tes clients ont-ils réagi à tes changements progressifs de look ?

resoComme précédemment énoncé, cela s’est déroulé en deux temps. Tout d’abord, de base, j’ai toujours eu un visage soigné et rasé de près accompagné de sourcils épilés au poil millimétré. Ce qui, de prime abord, a souvent été propice à faire tiquer la gent féminine, de façon positive ou négative.

Le premier changement a été le vernissage de mes ongles de mains avec un vernis transparent mais légèrement laqué. Jusque-là, rien de dramatique : mes ongles étant court, je n’ai reçu aucune réflexion car cela était pratiquement invisible aux yeux des messieurs, n’ayant pas toujours la fibre esthétique. S’en est suivie la pousse des cheveux : je les ai toujours eus assez courts auparavant. À partir de 7 cm, les bonnes blagues du style « ton coiffeur est en prison ? » et compagnie ont fait leurs premières apparitions. Risible pour l’assemblée mais redondant sur le long terme, c’était lassant, certes, mais pas méchant. Puis au fil des mois, les cheveux étaient de plus en plus longs, mes ongles également, de surcroît façonnés au gel dès que j’ai passé ma formation d’initiation de prothésiste ongulaire.

Étant toujours en bleu de travail, voir débarquer un « Alex, boucles de rêve, ongles féériques » (comme le dit si bien ma chérie) commençait à dénoter avec la nature physique stéréotypée d’un technicien ! Les premières réflexions, que ce soit de la part de mes collègues, de ma hiérarchie ou de mes clients, sont apparues par le biais du personnel féminin, me posant souvent des questions « interro-affirmatives » teintées de suspicion et de curiosité : « dis-moi, Alex, tu te vernis les ongles » ? Moi, plein d’entrain et ne me démontant pas, j’affirmais positivement et rétorquais par la suite que je « trouvais ça classe, que ce n’était pas réservé aux filles et, qu’en plus de cela, je faisais cela moi-même ». Croyez-moi, la surprise, l’étonnement et l’admiration furent souvent au rendez-vous ! Observer au fil des explications les dames, comparant leurs mains aux miennes est un plaisir à expérimenter. La plupart se disant intérieurement, à ce même moment, qu’un mec puisse avoir de plus jolies mains qu’elles remettait forcément leur propre féminité en question.

Nail art is my drug!

Ce type de discussion met toujours les choses à plat, les soupçons d’ambiguïté à mon égard s’envolent pendant ces instants et je pense que beaucoup de femmes ayant eu à échanger avec moi sur ce sujet ont été plus que positivement conquises et surprises par mes connaissances et mes expériences dans le domaine. Cela ayant comme résultante une liaison socioprofessionnelle plus intime et ouverte d’esprit qu’on pourrait l’imaginer, car lorsque l’on explique sa petite particularité avec un grand sourire et des arguments simples et efficaces dans la plus grande indifférence, cela laisse votre interlocuteur plus que pantois.

Les hommes, quant à eux, restent souvent sur la réserve, trop peureux de lancer une discussion dans laquelle ils pourraient eux-mêmes être pris au piège, à cause d’une incompréhension. Ils se contentent le plus souvent d’observer de façon indiscrète, attendant des explications de leurs autres collègues avec lesquelles ils riront jovialement de quelque chose qui leur échappe… Mais dont ils chercheront quand même la réponse à un moment donné (rires) !

Parmi mes collègues du travail, hommes et femmes confondus, il me semble avoir une bonne dizaine de personne étant au courant de mon côté passionné du total look féminin. Ces personnes ont voulu approfondir la première réponse, puis enchaîner d’autres questions-réponses, ils ont eu le droit à leurs explications. J’ai plus d’une fois imposé le respect par le biais de la fluidité de mes allocutions sans devoir faillir à leur compréhension. Mission plus qu’accomplie !

avatarPour toi, qu’est-ce que ça a changé ?

resoJe peux t’assurer qu’à ce jour, je n’ai eu aucune discrimination à mon égard. Les personnes m’ont vu évoluer avec le temps tout en comprenant que cela n’avait en rien affecté mon caractère, ni mon professionnalisme envers elles. Cela a même été positif. Comme quoi, heureusement que j’ai franchi le pas ! L’échange est primordial pour avoir des relations saines, que ce soit au boulot comme à la maison, c’est un élément clé qu’il ne faut pas omettre. Alors, en soi, ça n’a pas vraiment changé grand-chose, si ce n’est qu’exposer et vivre sa liberté au quotidien de façon légitime, c’est plus que génial !

avatarQuels conseils donnerais-tu à une personne transgenre qui souhaite faire son coming out au travail ?

resoEh bien, de ne pas vivre en retrait et d’assumer ses envies tout simplement. La fameuse manie de se mettre en état de psychose envers ses collègues est l’erreur à éviter absolument. Plus vous serez confondu(e) en excuses et à vous dérober lors de situations à votre propos, plus cela renforcera les accusations néfastes à votre égard. Rien de tel pour passer pour la personne louche du service « à discriminer » au quotidien pour amuser la galerie. Votre assurance d’être vous-même est votre principal atout car elle reflète votre identité psychologique. Lorsque l’on fait un curriculum vitæ, on énonce toutes nos aptitudes pour se démarquer et sortir du lot ; c’est la même problématique au sein de l’entreprise pour vous démarquer par votre personnalité si vous le désirez. A partir du moment que vous respectez vos prochains, il n’y a aucune raison pour que que cela tourne défavorablement pour vous. Bien évidemment, parlez de façon constructive et explicite lors des échanges avec les personnes que vous jugez de confiance, et non pas aux imbéciles… Le chemin n’est pas évident mais le résultat en vaut la chandelle ! Je suis de tout cœur avec vous et vous accompagne dans vos démarches, vous qui souhaitez vivre vos différences au quotidien dans le respect d’autrui ! Vivez en harmonie et soyez simplement vous-même !

Bisous à tous !

24 commentaires

  1. Très intérréssant et trés riche comme article tant sur le fond que la pertinence des questions, à la lecture de ton CV je comprends mieux la qualité de rédaction de XXy , la démarche trés progressive de Résonancia pour présenter son look à son milieu proffessionnel est passionnante à suivre, bien sur cela ne se passe pas partout comme ça, mais bon la société à évoluée quand meme, car je n’imagine pas il y à 30 ans dans un milieu ouvrier se présenter au boulot avec des ongles vernis !!! Bonne semaine à toutes, bisous Michelle

    • Merci pour ton gentil commentaire ! Effectivement, la société a évolué mais aussi le monde de l’entreprise ; je pense qu’on travaille de plus en plus à distance du client, par exemple, parce qu’on est dans une société ou l’économie du service prime sur l’industrie et l’agriculture. Du coup, beaucoup de contacts sont téléphoniques ou par courrier électronique et ça change beaucoup de choses.

  2. C’est un sujet qui amène à la réflexion et qui va bien au-delà de la peur d’être découvert au sein du travail. Les différents points de vu et situation de Julien, Anne-Sophie et Alex montrent que nous sommes au cas par car : Julien qui peut mettre en avant ses compétences grâce au travestissement, Alex, technicien avec quelques années à son poste montre des changements progressifs et rassure tout le monde et Anne-Sophie qui met en garde lors du recrutement.

    Personnellement, je me situe dans la situation d’Alex avec des changements progressifs et qui demandent parfois des explications. Actuellement, je suis dans une zone de confort avec une réputation et un travail qui n’est pas remis en cause. Mais je suis de moins en moins épanoui à mon poste et cela risque d’être difficile si je dois changer d’emploi, car l’ambiguïté est marquée sur mon front. Dans mon domaine plutôt industriel et technique, je ne peux hélas mettre en avant mon travestissement et retourner en arrière où travestir ma personnalité est impossible. Du coup, je pense de plus en plus à changer carrément de secteur d’activité. Enfin bref, rien de grave pour le moment. 🙂

    D’ailleurs, mes activités plus créatives autour du travestissement sont là pour compenser ce manque d’épanouissement au travail (technique et management). C’est une excellente échappatoire à l’enfermement professionnel. Mais bon, je commence à faire dans le hors sujet … 🙂

    • Tu dois avoir le droit de suivre une formation, il ne faut pas te rater quant au choix d’une nouvelle orientation. Tu penses à quoi, plus ou moins ? Y a plein de trucs qui t’iraient bien : photographe, par exemple, ou catcheur.

      • C’est ça, avec mon boulot actuel, je peux suivre une formation de mon choix et sans aucun rapport avec mon domaine. Je compte bien l’utiliser, mais comme tu le dis il faut trouver la bonne orientation. En tout cas, le monde du travestissement m’a ouvert un paquet de nouvelles possibilités qui me plaisent énormément : le maquillage, la photographie, le développement de site internet, etc. Bref, il est temps de se bouger les fesses comme on dit et j’ai pas mal d’idée qui vont dans ce sens : prendre des cours personnels, faire des économies, créer des nouveaux projets et m’inscrire à la WWE. 🙂

  3. Superbe article et le cas par cas s’impose, car chaque milieu professionnel ainsi que notre propre personnalité jouent énormément.

    Pour avoir testé le coming out professionnel, cela m’a couté mon emplois. J’ai retrouvé depuis.

    Mais j’y ai surtout appris que pour attaquer au prudhomme pour discrimination c’est l’enfer. Pas insurmontable, mais il faut avoir le maximum d’événement concret et de suite d’événement. Et avoir un excellent avocat.

    Cela veut dire tracer au jours le jours les événements marquants de l’employeurs ou des collègues de taf. Avoir le plus de trace écrite daté (le cas des emails), lettres recommandées avec accusé de réceptions.
    Ne faite jamais d’enregistrement sonore ou vidéo sans l’approbation des gens filmés ou enregistré, cela n’est pas légal. Et si vous décidez de le faire et de diffuser a une audience, cela peut influencer positivement ou négativement votre cas (l’espèce humaine est ce quelle est), mais peut vous couter tout simplement votre procès.
    Le dernière chose, vous ne pourrez compter sur aucun de vos collègue pour vous soutenir. L’inspection du travail peut etre a double tranchant.

    Si vous désirez vraiment le faire, allez voir un avocat du droit du travail qui pourra vous conseiller et monter le dossier adéquat si vous désirez aller en justice.

    Moi j’ai du le faire car je n’avais pas eu le choix du fait de ma transition.
    Après, il y a des employeurs tolèrent et d’autre enfermé dans leurs dogmes.

    • Merci pour tes conseils judicieux et qui peuvent vraiment aider ! J’espère que ton parcours professionnel s’est vraiment éclairci, c’est injuste ce qu’il t’est arrivé mais le monde du travail est de toute façon injuste. Bisous et plein d’ondes positives !

  4. Quand je vois les filles arriver au taf le matin en petite jupe, j’ai grave envie de faire pareil…
    Mais je pense que je ne le ferai jamais.
    Je me vois mal convoquer les 160 personnes de l’agence pour leur faire une annonce. Ce qui me fait dire que le coming-out doit être plus facile dans une petite structure.
    Maintenant ça m’empêche pas d’y aller par petites touches avec le vernis, les bijoux, les chouchous dans les cheveux…. Jusqu’ici aucune remarque, je sais pas si c’est parce que personne n’ose ou si ils ne voient rien.
    Quoiqu’il en soit je pense qu’il n’y a pas beaucoup de domaines où le coming-out pro est envisageable sans difficulté. Pour un entretien d’embauche, du moins dans l’industrie, se présenter avec ce genre de spécificité vous fera immanquablement perdre des points. Les RH ne prendront pas ce risque quand ils ont le choix entre plusieurs candidats. Et ils ont toujours le choix…
    Si je devais changer de boîte, je ne me risquerais pas à annoncer mon goût pour le travestissement au recruteur. Pouvoir manger tous les jours et avoir un toit me paraît plus important que de porter la jupe…

    • Ça se discute. C’est (peut-être) parfois plus facile dans une grosse structure où tes liens avec les autres sont plus distants… Après, ça dépend vraiment du secteur, comme on disait plus haut. Dans l’industrie ou l’énergie, ouais, c’est vachement dur. Cela me rappelle Lily qui racontait que son patron ne voulait même pas qu’un employé ait les cheveux longs, imagine !

      • Oui effectivement dans l’industrie c’est pas évident. Il y a beaucoup de testostérone bien concentrée qui bouillonne un peu partout !!
        Le fait de refuser une personne avec des cheveux longs sans justification s’apparente à de la discrimination. Maintenant il y certains postes ou il y a un réel risque (je pense aux opérateurs) avec la proximité d’une machine en mouvement, donc parfois ça peut être justifié.

      • Surtout qu’avec mon changement de fac, cela serait intéressant. Je suis bien tombé sur une transgenre à la faculté de Créteil (elle était mimi mais la voix bien grave casse un peu le truc. J’ai pas pu m’empêcher de sourire malgré tout et contente de voir quelqu’un d’aussi heureux) alors que sur Orsay qui est bien plus grande et importante, il n’y avait pas de tels choses 🙂

        Je vais plancher dessus et essayer de décrocher des infos 🙂

  5. Article très intéressant avec de chouettes interviews. C’ est là que je me rencontre que chaque personne est unique et que le coming out est abordé de façon différente selon le type d’ entreprise et la sensibilité de chacun. Je me retrouve un peu dans les paroles de Résonancia car j’ ai eu un peu le même type de parcours vis à vis de mon entreprise. C’ est vrai que la franchise est plus favorable à une acceptation de votre passion que de se cacher et d ‘ éviter d’ aborder le problème. Mais c ‘est comme partout, il y a toujours des idiots qui par ignorance ou bêtises, feront toujours des réflexions. Mais rarement en votre présence, donc à la rigueur, on s’ en fout. Le plus important est être soi-même et gérer sa façon de paraitre. Après avec le temps, tout devient plus facile, même le regard des autres que l’ on ne voit plus…

    • De toute façon, quoi que l’on fasse ou ne fasse pas, il y a toujours des gens qui jugent. Viens en survêt : tu passes pour un beauf. Mets un skinny : tu es forcément gay. Je crois que le plus simple est encore de ne pas prêter attention au regard des autres. Plus facile à dire qu’à faire, j’avoue.

  6. Quand je vois comment peuvent se sentir piégées les personnes salariées, face au besoin de vivre leur part féminine même en journée. Je me dis que j’ai bien de la chance d’être à mon compte.

    En plus artisan dans une niche que personne ne me pique, pour l’instant..

    Pour moi les choses ont été assez radicales, je n’ai pratiquement jamais été travestie, j’étouffais totalement et simplement ma vrai personnalité de de femme, jusque dans le choix de mon métier ou de mes loisirs.

    Et un jour tout vol en éclats. Après une année de réflexion, je décide du jour au lendemain de vivre au grand jour qui je suis vraiment.

    Le souci à ce moment là, c’est que j’exerce un métier dit d’homme. Je décide de l’assumer et de poursuivre.

    Je suis donc passé de mécanicien à mécanicienne.. Une fois passé l’étonnement, le client regarde juste si je suis toujours efficace, finalement. Il se dit:
    “il ou elle à un gros pète au casque, mais le boulot est fait? ça me va!”

    Et puis je soupçonne même qu’une partie de ma clientèle branchée parisienne trouve ça chique de faire entretenir leur voiture de collection par une femme trans. Et sans compter les nouveaux clients pour qui je suis juste une femme mécanicienne, et alors?

    Mais encore une fois, en étant à son compte, ou plus ou moins dans les milieux branchés, ça doit passer mieux que dans certaines boites de btp..

    C’est pour ça que ce serait bien d’avoir un maximum de témoignages ici.

  7. Oui, vaste sujet et très bon article.
    Je comprend également que certains ( ou certaines) éprouvent le besoin, ou l’envie, d’aller bosser dans la tenue qui leur chante. Effectivement le problème du milieu pro doit être un gros frein; pour ma part j’ai la chance d’évoluer dans un milieu “dit artistique” et de ce fait j’ai souvent eu l’occasion de travailler “en mode pétasse”.

    Néanmoins, je pense qu’un autre sujet ce cache derrière celui de départ, généralement le travlo lambda (dont je fais parti) vie sa féminité occasionnellement (la fréquence peut varier selon les sujets, mais ça reste occasionnel), si on vie tous les jours apprêté(e) et pomponné(e) dans le genre que l’on préfère, quid de la frontière entre le travestisme et la transidentité ?

    WARNING : Ce n’est pas pour créer une polémique, je n’ai absolument rien ( et je dis bien RIEN DU TOUT) contre les personnes transidentitaires ( je serai très mal placé pour juger le choix des gens).

    Je me pose simplement la question.

    • La frontière est mince et carrément sensible. Il y a des gens qui pensent que les cheveux longs et la lumière pulsée font de toi un “transgenre”, alors tu vois… Je me rappelle d’une discussion avec une amie qui tentait de me prouver que j’étais transsexuelle (et que je ne m’en rendais pas compte). Épique… 😛

      La même question peut se poser à l’envers : quand on ne s’habille en gars que pour le boulot, à quel moment est-on, en réalité, travesti ?

  8. Il est certain que lorsque l’on commence à ressentir le besoin de montrer sa féminité au grand jour, au travail, un petit peu, puis un peu plus…
    C’est un glissement du travestissement-loisir occasionnel vers peut-être autre chose.
    Quand le besoin de s’affirmer dans sa vrai personnalité commence à se faire sentir.
    Mais il n’y a pas de règle, certains se sentirons bien toute leur vie en restant “occasionnels”, d’autres “glissent” doucement vers autre chose.
    Le tout c’est d’être heureux après tout
    Mais d’abord, ne pas perdre son travail, ça passe avant tout

  9. Bonjour à toutes et à tous !!

    Depuis lundi, je tourne autour de post sans vraiment trouver le moyen d’apporter ma pierre à l’édifice.

    Pourquoi ? Parce que je me sens concernée par cet article, mais que malgès tout, ceci me semble loin.

    – Concernée, parce que j’ai l’IMMENSE chance de travailler dans une petite structure (2 en france)
    et d’avoir un boss qui se balade beaucoup, et donc, je peux me changer sur mon lieu de travail.

    – Mais pas trop, parce que pour moi, il est hors de question de faire mon coming-out pour le moment
    (j’attends mon burn-out pour que tout sorte d’un bloc 😉 Ca ne devrait pas tarder !!! )

    Mais pour rebondir sur le message de Rebeka, c’est vrai que je me considère plus comme une personne transidentitaire qu’un “simple” travesti (aucune conotation péjorative dans le terme simple).

    Alors être Aurélie sur mon lieu de travail, ça me convient à merveille !!!

    Bises à toutes et à tous !!!

    Au.

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