Harcèlement, agressions… Que faire lorsque l’on est une victime transgenre ?

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Injures, menaces, frottements, agressions : ces gestes de harcèlement accompagnent le quotidien de millions de Françaises. Un chiffre-clé permet de prendre la mesure du danger : 100% des femmes se déplaçant grâce aux transports en commun affirment avoir subi, au moins une fois, des sifflements, des propos déplacés ou des mains baladeuses. Tout autant de personnes transgenres sont victimes de ces mots ou de ces actes de harcèlement, se mêlant à la violence de la transphobie. En cas d’agression, que faut-il faire ?

Stop – Ça suffit

Ce 9 novembre 2015, sous l’impulsion de Pascale Boistard, secrétaire d’État chargée des Droits des femmes, le Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes lançait la campagne « Stop – Ça suffit » contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports. Comme l’indique l’enquête du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, 6 000 femmes se disent victimes sur 6 000 femmes interrogées, en Seine-Saint-Denis et dans l’Essonne.

Ces mots, nous les connaissons bien puisqu’ils ont tendance à se banaliser, malgré la mobilisation de certaines consternées. En 2012, Sofie Peeters réalisait un film en caméra cachée dans les rues de Bruxelles, capitale de l’Europe, pour dénoncer le « cauchemar » qui vivent les femmes de la métropole.

Paye ta shnek n’est pas mois édifiant : ce Tumblr recense depuis août 2012 des témoignages de harcèlement dans les lieux publics. Le consulter révèle que le harcèlement sexuel n’est pas uniquement une affaire de la « rue » mais que les agressions sexistes sont beaucoup plus pernicieuses qu’il n’y paraît :

Tu veux pas passer sous le pupitre ? J’ai un cadeau pour toi…

“Un collègue de mon père qui m’a vue grandir, lorsque j’ai bossé dans la même boîte que lui un été. J’avais 18 ans.”

Hey, où tu vas ? Réponds, où tu vas ? Attends, je viens avec toi !

“Montpellier — à ma voiture, à 3h du matin. Ce type m’a empêchée de fermer la portière pendant 5 bonnes minutes.”

Il n’y a pas de distinction de genre en cas de dépôt de plainte

Pour contenir cette violence sexiste et inouïe, le ministère rappelle dans sa campagne les peines encourues par les agresseurs.

Pour les personnes transgenres ou pour les hommes, la loi et la procédure en cas d’agression sont exactement les mêmes que pour les femmes. Si c’est la secrétaire d’État chargée des Droits des Femmes qui est à l’origine de la campagne, c’est parce que ce sont majoritairement les femmes qui sont victimes de harcèlement. Reste que le fait d’être travesti ou transgenre ne justifie en rien le harcèlement, comme le rappelle le tweet de Pascale Boistard. 

“Vous n’êtes pas coupable : aucune tenue, aucune attitude ne justifie le harcèlement”

Il est important de s’en souvenir puisque le personnel de police et de gendarmerie n’est pas toujours armé comme il le faut en ce qui concerne la problématique transgenre. Aujourd’hui même, j’ai contacté le commissariat central de police à Avignon, et personne à l’accueil n’était en mesure de confirmer que la procédure de plainte était la même pour les femmes et les hommes. En revanche, le cabinet de Pascale Boistard, contacté par téléphone, s’est montré tranché et déterminé : il n’y a pas de distinction de genre en cas de dépôt de plainte.

Que faire en cas de harcèlement ?

En cas de harcèlement, il faut absolument dire « Stop – Ça suffit » :

  • Signifiez votre refus avec fermeté, indiquez au harceleur qu’il vous gêne, dîtes-lui ouvertement : “non”
  • Dégagez-vous de la proximité physique qui vous est imposée
  • Alertez les personnes autour de vous, interpellez-les à haute voix

En tant que témoin de scène de harcèlement sexiste, il faut :

  • Vous rapprocher au moindre doute, demander à la personne en difficulté si elle a besoin d’aide
  • Faire diversion en vous adressant au harceleur ou à la victime
  • Impliquer d’autres témoins autour de vous et les associer à votre démarche

Après quoi, il est impératif de porter plainte auprès des autorités. Les villes et les transports en commun sont souvent équipés de systèmes de surveillance et il n’est pas vain de se défendre. La mobilisation est même essentielle pour que la loi soit correctement appliquée et que la prévention du harcèlement prenne effet.

De son côté, l’État a dores et déjà engagé des mesures contre les violences. À Nantes, par exemple, les bus de nuit ne doivent plus être impérativement appelés aux arrêts de bus mais peuvent être hélés sur n’importe quel point de la ligne. À Paris, une brigade de police spécialisée dans le traitement des plaintes et l’analyse des profils des agresseurs sexuels s’est constituée. À partir du 7 décembre, un numéro d’alerte de la SNCF, le 3117, permettra de déclarer une situation dangereuse par SMS plus discrètement qu’en passant un coup de fil. Quoiqu’il en soit, n’oubliez pas qu’en cas d’agression, il faut à tout prix déposer plainte auprès des forces de l’ordre.

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Source : Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes – Lancement de la campagne contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports

10 commentaires

  1. C ‘est une grosse tarte dans leur guelle pour les faire taire tout ces nazes !!!! (oups je m énerve!! )
    domage si je tombe sur l un d eux !!!! c ‘est l avantage de nos chromosome de garcon ,moi je peut lui faire tres mal
    bon j arrête … du calme !!!! ca servirait a rien

    bisous

  2. Ce que je trouve affligeant, c’est qu’il y a un “j’aime pas” pour deux “j’aime” sur Youtube. Le score fait peur…

    En tout cas, c’est bien de donner une visibilité et de parler de cette problématique ici 🙂

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